Covid-19 : “Il faut s’attendre à des décisions difficiles”, prévient Gérald Darmanin

Publié le par Astrid Van Laer,

Gérald Darmanin, le 21 octobre 2020. © Ludovic MARIN / AFP

"La situation est grave, elle va nous amener rapidement à prendre de nouvelles mesures", a aussi déclaré la ministre du Travail.

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Alors que va s’ouvrir un conseil de défense consacré à la gestion de la crise sanitaire et que les rumeurs d’un reconfinement – différent de celui du mois de mars –, ou d’un couvre-feu abaissé à 19 heures la semaine et total le week-end, vont bon train, deux membres du gouvernement ont pris la parole ce matin pour préparer le terrain, annonçant “des mesures fortes” et des “décisions difficiles”.

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“La situation est grave, elle va nous amener rapidement à prendre de nouvelles mesures”, a déclaré Élisabeth Borne lors d’une interview sur Franceinfo, ce matin. “À ce stade, on ne peut évidemment rien exclure, compte tenu de la gravité de la situation”, a poursuivi la ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, ajoutant :

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“Vous avez vu que plus de 50 % des lits de réanimation sont occupés. Si l’épidémie se poursuit sur les tendances actuelles, on arrivera rapidement à saturation des capacités et donc il faut des mesures fortes pour casser la dynamique de l’épidémie.”

Et la ministre du Travail d’inciter à télétravailler au maximum :

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“Le gouvernement encourage les salariés qui le peuvent à rester en télétravail. Il faut aller au maximum en télétravail. Si le poste permet le télétravail, il faut télétravailler. Je le redis aux employeurs : dans le contexte actuel, même si l’on est protégé en entreprise, il faut recourir au télétravail au maximum pour les postes qui le permettent.”

“Il faut prendre des décisions dures”

Même son de cloche du côté de Gérald Darmanin. Interrogé sur France Inter ce matin, le ministre de l’Intérieur a, pour sa part, prévenu : “Il faut s’attendre à des décisions difficiles.” Il a ajouté : “Je ne sais pas quelles seront exactement ces décisions, mais comme tous nos voisins”, arguant : “On aimerait tous la vie complète comme avant, mais il y a des moments où il faut prendre des décisions dures.”

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“Heureusement que le président de la République se soucie plus de sa responsabilité que de sa popularité”, a-t-il encore dit. Le ministre a également déclaré que le couvre-feu était “très bien respecté” : “Il n’y a eu que 14 000 PV qui ont été dressés, […] 14 620 exactement”, a-t-il fait savoir.

Concernant un éventuel reconfinement, Gérald Darmanin a répondu :

“Je crois que les options sont sur la table, je ne les connais pas toutes, je ne suis pas ministre de la Santé. On voit bien, malgré la préparation des États occidentaux, que ceux qui sont touchés, notamment dans l’hémisphère nord, […] reconfinent. Il faut se poser des questions pour sauver des vies humaines.”

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Deux scénarios privilégiés

Ce n’est pas le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, qui va les contredire. Invité de RTL, ce matin, ce dernier a évoqué deux scénarios.

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En premier lieu, la possibilité de la mise en place de “quelque chose de beaucoup plus dur que le couvre-feu actuel”, un “couvre-feu plus massif, à la fois dans ses horaires, à la fois dans son étendue au niveau du territoire national et qui puisse également être mis en place le week-end”.

Il a également envisagé un confinement “moins dur” que le premier, “qui permet à la fois le travail, qui évidemment s’accentue en termes de télétravail, qui permettrait probablement de conserver une activité scolaire et un certain nombre d’activités économiques”.

“Il pourrait être de plus courte durée s’il était mis en place maintenant”, a-t-il dit, ajoutant enfin : “On déconfinerait en passant probablement par un couvre-feu.”