Cinq choses que vous ne saviez pas sur la marche des fiertés

Publié le par Lisa Coll,

© SEBASTIEN BOZON / AFP

En ce mois des fiertés, près de 500 000 personnes défileront samedi à Paris.

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Une manifestation festive, qui retrouvera toutes ses couleurs après deux années de restrictions en raison du Covid-19 : la marche des fiertés LGBTQ+ a lieu samedi, à Paris. Cet événement emblématique se diffuse dans toute la France.

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Une manifestation massive

Le défilé parisien rassemble habituellement 500 000 personnes, ce qui en fait l’un des plus importants événements récurrents de la capitale.

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Cette année, les participants sont invités à défiler de la porte Dorée à la place de la République, sous le mot d’ordre “Nos corps, nos droits, vos gueules !”. Il s’agit notamment de protester contre la “banalisation” de la “parole LGBTQIphobe et surtout transphobe”, trop souvent ignorée des pouvoirs publics, selon le collectif associatif Inter-LGBT qui organise cette marche.

La première marche parisienne en 1977

Un mouvement de défense des personnes homosexuelles s’est constitué à partir de 1971 en France et participe d’abord aux défilés du 1er mai. “C’est le moment où l’homosexualité devient une question politique”, indique à l’AFP Antoine Idier, sociologue et historien. “La politisation de ces sujets passe par leur affirmation dans l’espace public, y compris sous la forme de manifestations.”

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La première manifestation homosexuelle indépendante parisienne a lieu en 1977 (sept ans après la première Pride au monde, le 27 juin 1970, à Chicago). Les participants ferraillent contre la répression et les lois discriminantes. Par exemple, à cette période, les relations homosexuelles entre un mineur de plus de 15 ans et un majeur de 18 ans étaient interdites, contrairement aux relations hétérosexuelles.

Paillettes et politique

Paillettes, drapeaux arc-en-ciel, chants et danses : les marches des fiertés sont généralement festives. Et ce, depuis les années 1970. “Le mouvement homosexuel a toujours revendiqué d’être à la fois politique et festif”, souligne Antoine Idier. “La dimension festive permet de rompre avec la politique classique.”

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Le mouvement homosexuel revendique “une forme de politisation du corps, de l’intime, de la vie privée, or la fête incarne aussi tous ces éléments”, ajoute l’historien.

Cortèges alternatifs

Outre la manifestation habituelle, des marches alternatives sont apparues ces dernières années, affichant d’autres slogans et revendications, souvent plus contestataires. Cela démontre “un foisonnement et un enrichissement du militantisme LGBT+”, plutôt qu’un “éparpillement”, analysait récemment la sociologue et historienne Ilana Eloit dans Le Monde.

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Le 4 juin, un millier de personnes ont ainsi défilé à Saint-Denis pour la deuxième “Pride des banlieues”.

Et le 19 juin, ils étaient quelque 50 000 à Paris à la “Pride radicale” anticapitaliste et antiraciste, selon les estimations des associations organisatrices. Ce collectif met notamment l’accent sur la défense des droits des personnes migrantes et dénonce les politiques migratoires “racistes” de l’Union européenne et de la France. La première édition de cette “Pride radicale” avait rassemblé 30 000 personnes en 2021.

“Il y a toujours eu un débat au sein du mouvement homosexuel pour savoir s’il doit parler uniquement de l’homosexualité ou porter une critique de la société tout entière”, décrit Antoine Idier. Les tensions qui traversent le mouvement “sont régulièrement réactivées ou réactualisées”, en fonction du contexte, selon lui.

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Multiplication des marches

Les marches des fiertés ont lieu dans de nombreux pays. En France, elles sont organisées localement, par des associations, sans coordination au niveau national.

Au début des années 1990, de premières marches ont lieu en régions. “Pendant longtemps, on est resté avec une marche à Paris et quelques autres dans les principales grandes villes”, note Denis Quinqueton, codirecteur de l’Observatoire LGBTI+. “On observe depuis quelques années un essaimage.”

Des marches ont ainsi été organisées pour la première fois cette année dans de petites villes, comme Châlons-en-Champagne, Carcassonne ou Périgueux, ainsi que dans des départements ruraux, tels que la Lozère et l’Oise.

“La société a beaucoup évolué sur ces sujets. Il y a trente ans, certaines personnes n’auraient pas osé aller manifester, en pensant que c’était compliqué. Aujourd’hui, c’est moins le cas”, relève M. Quinqueton.

Konbini news avec AFP