Entre looks de Susan Mayer et absence oppressante de musique, on vous raconte le défilé Undercover

Publié le par Mélissa Chevreuil,

Look @undercover

Ou quand la maison japonaise réinvente le mythe de la "desperate housewife".

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Dire que j’avais des disponibilités pour assister aux défilés automne-hiver 2024 relève de l’euphémisme. Mon agenda contrarié lié à des vacances mal placées fait que, cette saison, je ne m’offre qu’un défilé, mais pas des moindres : celui de la griffe nippone Undercover. Certes, ce n’est pas la plus connue des maisons, mais je suis une grande admiratrice de son travail depuis des années – déjà à l’époque de ses collabs avec Nike, sur la Daybreak notamment. Rendez-vous, donc, un mercredi après-midi dans le très mystérieux 5e arrondissement parisien (sérieusement, qui s’aventure vraiment là-bas de son plein gré ?).

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Histoire de me mettre Gucci, j’opte pour un trajet en Tesla, service proposé par Uber durant la Fashion Week. Portière qui s’ouvre toute seule, PlayStation 5 à l’avant, tablette à l’arrière, musique à fond, kalash kalash. Les sièges et la lumière me donnent l’impression d’entrer dans une mini-boîte de nuit sur pattes… enfin, sur roues. Vous auriez vu le visage anéanti des paparazzis quand ils ont vu que c’était une girl next door, aka moi-même, et pas une influenceuse avec des jambes d’1,60 m habillée en alien à l’intérieur…

Ma “petite” PS5 sur roues pour la Fashion Week @Konbini

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Arrivée en standing (trop chic pour rester dehors, pas encore assez fancy pour avoir un siège numéroté), j’attends entre deux groupes de gens extrêmement bien habillés que le show commence. Mon voisin à droite semble nerveux ; serait-ce son premier défilé ? Il débite comme jamais et son haleine me fait souffrir (désolée, monsieur, si vous me lisez, mais vous auriez vraiment pu accepter la boîte de bonbons mentholés que j’ai chourée dans le Uber). Il va pourtant devoir impérativement se taire. Le show commence sur une longue entrée sans musique, rien que le bruit des pas. Tout le monde se force alors à fermer sa boca. Et ce qui se passe est fort, magique, bien que terriblement oppressant. Pour les néophytes, les défilés sont habituellement accompagnés d’un volume sonore au maximum, la bande-son faisant partie intégrante de la scénographie. Choisir de s’en priver est donc un audacieux parti pris. Survient enfin une voix off lisant un texte : “Watching a Working Woman” par Wim Wenders, iconique réalisateur de Paris, Texas ou, plus récemment, Perfect Days.

@shellyjohnsson Undercover | Fall Winter 2024/2025#undercover #japan #fw #fashionweek #model ♬ son original - Shelly

Le cinéaste relate le quotidien mortifère d’une mère célibataire et quarantenaire. Ça tombe bien, les outfits semblent tout droit sortis de Desperate Housewives : cardigans longs inspirés du vestiaire de Susan Mayer, layering maladroit fait de couches les unes sur les autres, baguette (oui oui baguette) en guise d’accessoire… toutes les mannequins ont une vibe de mère débordée à peine sortie du lit. Puis la voix off s’arrête ; les mannequins, elles, n’ont pas tout à fait terminé de défiler. Il reste encore trois ou quatre silhouettes. Est-ce une erreur de la part du staff ? On en doute, tant l’expérience est intéressante. Côté pièces, pas de coup de foudre, bien que quelques coups de cœur, comme les sacs cloutés pour bien embêter mes voisins dans le métro (car, réaliste, j’ai déjà dit mentalement adieu à jamais à la Tesla).

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Sac clouté @Undercover

Pendant ce temps, toujours pas une once de son, seul le bruit des tissus qui traînent à terre se fait entendre. Puis les applaudissements, d’abord timides, puis tonitruants, brisent le calme. Pas même le final habituel pour admirer une ultime fois chaque tenue. Undercover se la joue rebelle du début à la fin et, curieusement, ce silence lourd m’a fait du bien.

Article rédigé dans le cadre d’une invitation par Uber.

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