Pourquoi la trend des “mid girls” est triste, rabaissante et… problématique

Publié le par Mélissa Chevreuil,

La série L’été où je suis devenue jolie
Crédit : Prime Video

Et si on arrêtait enfin de se noter comme un produit soldé venu du supermarché ?

A voir aussi sur Konbini

“Je sais que je suis une meuf mid car si je me coupe les cheveux, personne ne me calcule”. “Je sais que je suis une meuf mid, car les seuls compliments que j’ai viennent de ma famille”. Ou encore “Je sais que je suis une meuf mid car mes potes ne me republient jamais quand je les tague en story Instagram”. Sur TikTok, la trend de “la meuf mid” ou “mid girl” est sans doute l’une des plus tristes et touchantes de ce début d’année, mais elle se veut aussi maladroite et blessante, sans pour autant être mal intentionnée.

Publicité

Face caméra, des jeunes utilisatrices expliquent, à travers différentes anecdotes et expériences de vie, pourquoi elles pensent être considérées par la société comme “mid” ou “middle“, c’est-à-dire pas spécialement belle, mais pas spécialement laide. Rien qu’en commençant par ça, les problèmes débarquent. Cette trend ne parle quasiment que d’apparence, de physique et de diktats. Belle ou laide selon qui et selon quoi, au juste ? La beauté est une notion subjective et ça n’a donc pas de sens, d’autant plus qu’on suppose que les intéressées se réfèrent à des critères de beauté plutôt patriarcaux, blancs et hétéronormés. Pour ne pas changer (#euphémisme).

Publicité

@maddiesplaywrld Replying to @scottlash9455 ♬ original sound - Maddie(:

On regrette également le fait qu’en se qualifiant de mid, on sous-entende qu’il existe aussi des personnes “low” ou “high“. Ou… cheap et premium ? Ces étiquettes créent un malaise et renvoient à un système de notation digne de bullies au lycée classant leurs camarades par ordre de préférence physique – d’ailleurs, beaucoup témoignent avoir été notées “6 ou 7 sur 10” par des hommes. C’est la meilleure manière de réduire des corps féminins à des objets ou de la marchandise. Certaines se plaignent même de ne pas être invitées à tel ou tel endroit pour leur beauté, mais plutôt pour leur compagnie, leur humour ou leur répartie. Tristesse. Comme si tout ce qui primait était le fait d’être un trophée social au côté duquel notre entourage peut être fier de poser pour glaner un maximum de likes.

Publicité

@mayle.aby

Le résumé de ma vie ✌️

♬ son original - Maelysse.ABY

Évidemment, tout n’est pas à jeter dans cette tendance et plutôt que d’accuser à tort, il serait aussi bon de penser à toutes celles qui la suivent innocemment (et peut-être naïvement), pensant faire preuve de sororité en dénonçant tous les carcans dont elles sont victimes comme le culte de la minceur ou de certaines formes, du bronzage ou de la blancheur, de la beauté dès le réveil ou sans maquillage, ou en partageant à qui veut l’entendre des complexes plus ou moins réels. Le hic, c’est qu’encore une fois, tout pousse à la comparaison. Or, en 2024, on ne compare plus les femmes : on les aime chacune de manière entière et singulière pour ce qu’elles sont – period.