On a testé Petit Jean, le menu hommage à Disney signé Jean Imbert

Publié le par Pharrell Arot,

(© Club Sandwich)

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Jean Imbert et Cédric Grolet version Tic et Tac au service d’un menu engagé.

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Tigrou, le bon ami de Winnie, salue la foule à travers une fenêtre du grand hôtel rose à l’entrée du parc d’attractions de Marne-la-Vallée. C’est la dernière image de mon seul séjour à Disneyland Paris dans une autre jeunesse. Une vision mi-déprimante mi-fascinante. Ce samedi 7 avril, j’ai enfin parcouru les dédales de cet établissement fantasmé, pas pour demander enfin le sens de la vie au tigre philosophe, mais pour déjeuner chez Petit Jean, un resto pop-up hommage à l’univers Disney par l’ancien Top Chef Jean Imbert.

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Passé un labyrinthe de couloirs, d’escaliers et autres ascenseurs dans l’hôtel au standing américain, nous voici dans une salle de restaurant d’une grosse quarantaine de couverts, avec vue sur le château de la Belle au bois dormant ; on est assez loin du style épuré du chef parisien. Pour autant, la musique du parc et les étagères remplies de faux livres façon studio de cinéma donnent la note, le menu de Jean s’invitant sans élitisme dans l’univers Disney. Le menu, justement, savamment imprimé sur un jeu de cartes, se découvre au fil des 12 séquences de ce repas ; à chaque carte son Disney, à chaque carte son plat, de Raiponce à Ratatouille en passant par La Belle au bois dormant ou Mulan.

Rythme et clins d’œil

Le menu est fixe, avec un accord mets et vin bien pensé. Le service étalé sur deux heures et demie s’enchaîne sans fautes de rythme, entre plats à partager et pas moins de quatre desserts, comme pour rappeler que l’univers du dessin animé est le sucre de notre enfance. La star de ce quatuor de desserts, justement, est signée Cédric Grolet, chef pâtissier du Meurice. Sur invitation de Jean Imbert, le meilleur pâtissier du monde, qui vient tout juste d’ouvrir une pâtisserie hors de son palace, livre ici une pomme “empoisonnée” clin d’œil à Blanche-Neige, avec les premiers fruits rouges de la saison et une mousse de basilic équilibrant parfaitement ce bijou comme un cœur battant et brillant.

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En respectant la saison et privilégiant le local, Jean Imbert impose vraiment sa vision sur ce menu aux allures de blockbuster. Proposer un bouillon réalisé avec les parures des plats précédents, servi dans la théière de La Belle et la Bête, c’est le parfait message pour une clientèle qu’on imagine peu habituée à cette cuisine plus moderne et innovante. Ce sont d’ailleurs les plats les plus simples de ce ballet de 12 assiettes qu’on gardera en point d’orgue ; des poireaux frits pour les cheveux de Raiponce, un riz camarguais pour la scène de Mulan et Mushu, ou un très juste sorbet au potiron pour le carrosse de Cendrillon.

Petit Jean

Ce Petit Jean, enfant gourmand devenu grand Jean Imbert, avec sa timidité et ses convictions, propose une excursion engagée. On l’imagine sourire en cuisine, tellement son tour est réussi, lui qui nous sert du vin bio dans un décor où d’habitude cornet de frites et soda sont les pendants food de l’imagerie du parc. Mais en convoquant des douceurs, du rêve et des classiques de notre enfance, on peut chacun s’approprier ces histoires, comme si Tigrou il y a tant d’années voulait simplement me dire que le miel de son pote Winnie trouverait un jour une résonance dans un comté affiné 24 mois.

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Pour manger chez Petit Jean, il faudra débourser 150 euros, prix justifié par les 12 services, les 5 accords vin compris, et votre niveau de fanatisme de l’univers Disney. Si vous êtes du genre à sortir vos précieuses VHS du Livre de la jungle et de Blanche-Neige à chaque jour de pluie, vous avez jusqu’au 7 juin, date de fin de ce pop-up, pour venir déguster ce menu, prolongement des films, sorte d’interprétation d’une quatrième dimension par un inspiré Jean Imbert.

Petit Jean
Disneyland Paris
Jusqu’au 7 juin
Réservations et infos ici