Dossier : tout ce que vous devez savoir avant de devenir végan

Publié le par Clara Le Naour,

(© Getty Images)

On vous dit tout avant de vous lancer.

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Pour commencer, Konbini food vous présente la définition des différents régimes alimentaires alternatifs, du plus ouvert au plus restrictif :

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  • Le régime flexitarien : le flexitarisme n’est pas un régime alimentaire au sens strict du terme, mais plutôt un mode d’alimentation visant à consommer moins de viande rouge et de poisson, sans pour autant y renoncer totalement.
  • Le régime végétarien : une personne végétarienne ne mange pas du tout de chair animale (viande, poisson, crustacés…), mais peut consommer des produits d’origine animale comme des produits laitiers, du miel et des œufs. Si une véritable histoire du végétarisme reste à construire, on le fait souvent remonter à la Grèce antique, époque à laquelle le philosophe Pythagore promouvait ce régime et l’idée d’une conscience animale. Par la suite, de nombreux grands penseurs l’ont été, dont Albert Einstein, Léonard de Vinci ou encore Gandhi.
  • Le régime pesco-végétarien : une personne pescétarienne est végétarienne mais s’autorise à manger du poisson, des crustacés et des mollusques aquatiques.
  • Le régime végétalien : un végétalien ne mange aucun produit d’origine animale. C’est-à-dire ni viande, ni œufs, ni produits laitiers, ni miel.
  • Le régime végan : une personne végane suit le même régime alimentaire qu’une personne végétalienne, mais elle exclut également tout ce qui peut être issu de l’exploitation des animaux. Elle ne porte donc pas de laine, de cuir, de produits cosmétiques testés sur les animaux… C’est un choix éthique dicté par le refus catégorique de l’exploitation animale.

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Alors, pourquoi devenir végan ?

> Pour la cause animale
C’est le refus de la cruauté envers les animaux qui encourage le plus les gens à devenir végan. Et pour cause, la parole sur ce qui se passe vraiment dans les abattoirs se libère, et il est difficile d’y rester insensible. De nombreuses associations pour la protection des animaux se développent, comme la très engagée L214. Le fait de dévoiler les conditions parfois désastreuses de l’élevage et de l’abattage permet aux gens de franchir le pas, en choisissant de ne plus faire partie du système de l’exploitation des animaux.

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Les végans sont antispécistes, c’est-à-dire qu’ils ne croient pas en la discrimination selon l’espèce, donc in fine en l’infériorité des animaux. Ils leur reconnaissent donc des droits fondamentaux, que bafoue l’élevage de masse.

Selon le journal Le Monde, ce sont chaque année 65 milliards d’animaux qui sont abattus dans le monde pour nous nourrir. D’ailleurs, la grande majorité n’a jamais vu la lumière du jour avant de partir pour l’abattoir.

> Pour l’environnement
Selon une étude menée en 2013 par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’élevage contribuerait à hauteur de 14,5 % (dont 9,3 % pour l’élevage bovin) dans l’émission des gaz à effet de serre, soit plus que les transports. Il est aussi la principale cause de la déforestation. Selon une étude de Greenpeace, en Amazonie, 80 % de la forêt tropicale a été rasée pour y élever du bétail. L’élevage est également la première cause de pollution de l’eau et des océans, notamment à cause du fumier, des antibiotiques et des hormones qui finissent dans la mer. Il accapare aussi près des deux tiers des terres agricoles, toujours selon la FAO, soit pour la culture de céréales destinées à nourrir le bétail, soit pour le pâturage. Par ailleurs, 45 % de la surface totale de la Terre serait utilisée uniquement pour l’élevage des animaux, selon le documentaire Cowspiracy: The Sustainability Secret.

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> Pour la santé
L’opinion publique continue de penser que l’être humain a besoin de manger de la viande ou du poisson pour être en bonne santé. Or, consommer de la viande de mauvaise qualité pourrait entraîner des problèmes de santé.

Quand on mange de la viande, il faut faire un minimum attention à sa provenance. Dans l’élevage intensif, les bovins par exemple sont souvent très nombreux dans des espaces fermés. Le bétail est donc sujet à des épidémies de maladie : vache folle et contamination à l’E.Coli (bœuf), virus H1N1 (porc), grippe aviaire (volaille)… Alors, pour pallier ce problème, on administre régulièrement des antibiotiques aux animaux, qu’ils soient malades ou non. La plupart du temps, on inflige aussi aux bêtes, dans les élevages de masse, des traitements d’hormones pour les faire grandir et grossir plus rapidement. Tous ces médicaments et substances se retrouvent dans la viande que nous mangeons.

De plus, les risques sanitaires sont plus élevés lorsqu’il s’agit de produits d’origine animale, de par le système de production mais aussi la préparation : la chaîne du froid n’est pas toujours respectée, de nombreux colorants (E12O pour le jambon, colorant orange pour le saumon…) et conservateurs nocifs pour la santé sont ajoutés à la viande. Les conditions de préparation des aliments sous vide, des plats préparés ou des boîtes de conserve peuvent également laisser à désirer dans de nombreux cas.

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Par ailleurs, des études du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont statué sur la cancérogénicité de la viande rouge et de la viande transformée (bacon, jambon…). La monographie du Circ, qui analyse 800 études, pointe avant tout les risques de contracter un cancer colorectal.

Cela n’est pas non plus une fatalité, comme le confie au Monde Jean-Michel Lecerf, chef du service de nutrition de l’Institut Pasteur de Lille :

“Il y a des facteurs protecteurs : manger beaucoup de fruits, de légumes et de produits laitiers. Il y a aussi des facteurs aggravants, comme l’obésité, la sédentarité, des facteurs génétiques. La préparation de la viande compte aussi : il est moins nocif de la faire mijoter, la cuire à l’eau, en pot-au-feu, que de la griller au barbecue.

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L’OMS n’encourage pas à arrêter totalement de manger de la viande, mais de réduire de manière significative sa consommation. Si on en mange à chaque repas par exemple, il est impératif de diminuer le rythme, ça ne peut être que bénéfique, autant pour l’homme que pour l’animal et la planète en général.

Catastrophe environnementale, faisant fi de l’éthique animale et humaine, l’élevage industriel a entraîné une exploitation toujours plus accrue des animaux, une précarité pour les agriculteurs qui peinent à survivre mais continue d’enrichir l’industrie l’agroalimentaire.

Un végan, ça mange quoi ?

On trouve de plus en plus de produits végétaliens dans les supermarchés. Leur but ? Nous permettre de trouver autant de protéines dans des produits d’origine végétale que dans ceux d’origine animale. Soja, tofu, légumineuses, céréales, baies, graines, algues… Un végétalien a l’embarras du choix. Et pour ceux à qui manquent les mets de “leur vie d’avant”, et qui voudraient pouvoir en retrouver les saveurs, les marques ont pensé à tout : fromage végétal, poulet végétal, lait végétal… et même faux-gras pour remplacer le foie gras.

Une publication partagée par THRIVE Magazine: VEGAN (@thrivemags) le

Sur la question des protéines, Élodie Vieille-Blanchard, présidente de l’Association végétarienne de France, répond au Monde :

“Les protéines, c’est un faux problème. Les neuf acides aminés essentiels à notre organisme se retrouvent également dans les céréales, les légumineuses et les oléagineux.

Cependant, il faut quand même faire attention et ne pas se précipiter sur chaque produit sans viande les yeux fermés. Si vous voulez tester une de ces nouvelles denrées, pensez bien à vérifier de quoi elles sont composées, afin de ne pas avaler un mélange de produits chimiques, qui, bien que ne contenant pas de protéines animales, ne sera bénéfique ni pour vous, ni pour la planète.

Quelles conséquences ont les produits de substitution sur la planète ?

Pour remplacer la viande, il faut trouver des substituts, et parfois, leur culture peut avoir des aspects négatifs. Par exemple, une personne ne mangeant plus de viande aura davantage tendance à manger des produits exportés, comme l’avocat ou les fruits exotiques. La France est le pays européen le plus consommateur d’avocat, avec en moyenne 1,5 kg par Français chaque année. Or, la culture de ce petit fruit qui paraît tout à fait inoffensif ne l’est pas du tout, et génère des effets écologiques et humains désastreux. Au Mexique, les cartels rackettent les producteurs. La culture des avocats entraîne de la déforestation, ils consomment énormément d’eau (1 000 l pour deux fruits et demi), et leur exportation par avion partout dans le monde est extrêmement polluante.

Bien sûr, l’avocat est un exemple bien particulier, mais c’est la preuve qu’il faut faire attention à la provenance de son alimentation et veiller à vérifier les étiquettes lors de la vente des produits (label bio ou commerce équitable). D’une certaine manière, il vaut certainement mieux manger de la viande rouge venant d’une ferme locale labellisée bio qui veille au respect de la nature et des animaux, plutôt que consommer des produits importés et polluants.

Être végan, LA solution ?

Dans nos recherches, on est tombé sur ce texte de Diana Rodger, une nutritionniste australienne adepte du régime paléo et sensible à la question du développement durable, relayé par le site Le Mythe végétarien. Elle pose la question “Pourquoi est-il nécessaire de manger des animaux ?” après avoir lu une étude sur le fait qu’il ne faudrait pas manger d’animaux. Pour elle, il est important de consommer de la viande, à condition qu’elle provienne de bétails élevés en plein air. Bien que ses arguments soient discutables (et non fondés scientifiquement), un mérite notre attention :

“Si l’on admet que la plupart des terres de notre planète ne sont pas adaptées à la culture de végétaux, il est clair qu’inclure à son menu des protéines animales est efficace du point de vue de l’utilisation des terres.”

Le défi n’est pas de convertir tous les habitants de cette planète au véganisme mais bien de les encourager à manger vraiment moins de viande et de meilleure qualité, et provenant de circuit court, proche de chez soi.

Comment éviter d’éventuelles carences ?

Se nourrir exclusivement de produits à base de plantes peut entraîner des carences alimentaires chez les individus. Dans les produits d’origine animale, on trouve notamment la vitamine B12, qui aide notre corps à produire des globules rouges. L’absence de cette vitamine peut augmenter le risque de développer une anémie (carence des globules rouges dans le sang). Pour éviter cela, il est conseillé de prendre des compléments alimentaires, sous forme de gélules ou d’ampoules.

Un végétalien peut également manquer de vitamine D, de fer et de calcium. Cependant, on peut facilement se prémunir de ces carences en adoptant une alimentation spécifique. Pour garder un apport suffisant en protéines et en fer, Sciences et Avenir préconise de consommer suffisamment de légumineuses, comme des lentilles ou des pois chiches. On trouve les oméga 3 dans les noix, le colza ou le soja, et le calcium dans des aliments comme le chou, les épinards, le brocoli, ainsi que dans les amandes et les pistaches. La composition nutritionnelle de chaque aliment est détaillée sur la base de données de l’Agence nationale de sécurité sanitaire.

Les solutions pour être végé, en bonne santé et écoresponsable

Si vous souhaitez arrêter ou diminuer votre consommation de viande, voici nos conseils :

  • Mangez local et de saison au maximum. Cela n’a que des aspects positifs : vous savez d’où vient ce que vous mangez, votre nourriture n’a pas traversé toute la Terre, et en plus vous participez à l’économie locale.
  • Rapprochez-vous d’agriculteurs ou de bouchers si vous souhaitez améliorer la qualité de la viande que vous mangez, ils pourront vous renseigner sur la provenance de ce que vous achetez.
  • En ville, rendez-vous dans les jardins partagés pour faire pousser vos propres fruits et légumes. Allez à la cueillette ou rejoignez une Amap pour recevoir des paniers de fruits et légumes de saison.

Par où commencer ?

Si vous souhaitez réduire votre consommation de viande, vous pouvez commencer par devenir flexitarien, c’est-à-dire manger de la viande seulement occasionnellement. Choisir une pièce de viande de bonne qualité (chez le boucher ou au restaurant) peut être une très bonne alternative. Vous pouvez également choisir de supprimer une sorte de chair animale de votre régime alimentaire. Beaucoup de personnes choisissent notamment d’arrêter de manger de la viande (rouge et blanche), mais de continuer à manger du poisson. Être pescétarien vous permet d’être mi-végétarien, mi-flexitarien.

Si vous souhaitez devenir réellement végétarien ou végan, il faut savoir que ce ne sera pas si facile. Tout d’abord, si vous avez toujours consommé de la viande et continuez à en manger régulièrement, il vous faudra changer vos habitudes, et cela peut prendre un peu de temps au début. Il faut alors rester motivé, et pourquoi pas vous fixer une deadline pour arrêter totalement mais progressivement la consommation de viande.

Il faut aussi vous poser les bonnes questions et vous interroger sur vos motivations. Ce serait dommage de changer totalement seulement pour suivre un ami qui a de bons arguments, sans pour autant avoir trouvé les vôtres.

Quand vous êtes prêt à sauter le pas, essayez de cuisiner plus, de varier les recettes et faites-vous plaisir. Il ne faudrait pas vous retrouver à manger des pâtes à l’huile d’olive toute l’année quand même.

Ne pas manger de viande peut apparaître comme quelque chose de bizarre aux yeux des autres. La France reste, tout de même, un des plus gros consommateurs de viande, même si sa consommation diminue d’année en année.

Si vous souhaitez vous renseigner plus avant sur le sujet, nous vous conseillons vivement de regarder le documentaire Cowspiracy: The Sustainability Secret, disponible sur Netflix, et de lire le livre Faut-il manger les animaux ? de Jonathan Safran Foer.