Snowpiercer : 7 différences majeures entre le film de Bong Joon-ho et la série

Publié le par Adrien Delage,

Ⓒ TNT/Netflix

Des origines de la queue du train à Wilford en passant par les premières classes, l'adaptation en série de Snowpiercer s'émancipe.

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#1. Le Transperceneige

Ⓒ TNT/Moho Films

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Vendue d’abord comme une adaptation du film et moins de la BD originale, signée Jean-Marc Rochette et Jacques Lob, la série Snowpiercer est pourtant très respectueuse de son matériau de base. C’est le cas concernant l’architecture du train, moins ronde et futuriste que celle du long-métrage de Bong Joon-ho. Le Transperceneige du show s’imprègne même davantage du style de la bande dessinée, un clin d’œil qui avait été appuyé avec l’introduction animée de l’épisode pilote.

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En revanche, les deux œuvres sont quasiment identiques à l’intérieur des wagons. On retrouve dans les deux cas des salles similaires et surprenantes, telles que la boîte de nuit, la prison, l’aquarium et la serre. Mais comme la série a l’avantage de pouvoir se diluer sur plusieurs épisodes – et donc plus de deux heures –, elle explore davantage les voitures de premières et moyennes classes. Les plus aisés se pavanent dans une salle de dîner luxueuse, tandis que la population démunie s’est organisée dans une sorte de mini-cité dystopique.

Enfin, dans la queue du train, la carlingue intérieure est identique à celles des deux productions : crasseuse voire sordide. On soulignera notamment l’absence de fenêtre et donc de lumière, qui donne lieu à une scène d’émerveillement des révolutionnaires, la présence des barres protéinées ignobles ainsi que les “meurtrières” rondes qui servent à punir les insurgés par le froid.

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#2. Le cadre de l’action

Ⓒ TNT/Netflix

Dans l’adaptation de Bong Joon-ho, l’action se déroule précisément en 2031, soit 19 ans après le déclenchement de l’ère glaciaire. Le film n’a pas le temps d’explorer la création du train et la sélection inégalitaire des passagers. En revanche, on apprend dans ce dernier qu’une première insurrection sanglante a eu lieu des années plus tôt. Si l’on en croit le pitch de la nouvelle adaptation, c’est cette révolution passée dont il est question dans la série.

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En effet, Andre et ses compagnons sont installés dans la queue de l’appareil depuis six ans au début du show. On apprend également que les réfugiés ont dû monter à bord dans la violence et en forçant le passage, alors que la garde de Wilford n’hésitait pas à les abattre pour éviter l’afflux de passagers clandestins. Le conflit de classes de cette apocalypse serait donc présent bien avant le lancement du Transperceneige, et la série pourrait même revisiter cette période à travers des flash-back.

#3. Curtis 

Ⓒ Moho Films/TNT

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Dans le film de 2013, la révolte est menée par Curtis, un membre de la queue du train incarné par Chris Evans. La série met aussi en exergue un leader, Andre Layton, interprété par Daveed Diggs. Si les deux personnages partagent la même haine et détermination à remonter les wagons du Transperceneige, Bong Joon-ho et le showrunner Graeme Manson ont chacun leur façon de faire (et leur support) pour nous faire vivre leurs péripéties.

Le long-métrage propose une narration dynamique et efficace : elle se débarrasse du superflu autour du train et sa vie intérieure au profit de la remontée infernale de Curtis. À l’inverse, la série s’attarde sur les différents éléments de la vie de l’engin en faisant d’Andre un enquêteur. Dans la même idée, on apprend que ce dernier a des relations, parfois même amoureuses, avec certains passagers plus aisés. En termes narratifs, on pourrait donc résumer que les deux œuvres s’opposent : le film est axé sur son intrigue tandis que la série est axée sur ses personnages.

#4. Wilford

Ⓒ Moho Films/TNT

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Concernant le personnage de Wilford, l’architecte et conducteur du train, les deux productions proposent là encore un schéma narratif opposé. Dans le film, le méchant campé par Ed Harris incarne le mystère de l’histoire, le MacGuffin de Curtis et ses partisans. Il est donc l’objectif final à atteindre pour les révoltés. Le voyage du leader à travers les wagons et la forme horizontale du Transperceneige sont ainsi mis au service d’une métaphore filée, un trou du lapin blanc où il n’y a pas de retour en arrière possible.

A contrario, dans la série, Wilford est utilisé comme un plot twist dès le début de l’histoire, puisque Melanie Cavill a pris sa place pour une raison inconnue. Ainsi, ce n’est pas une fin en soi de découvrir son identité, même si les fans devraient être curieux de comprendre comment le personnage de Jennifer Connelly s’est emparé des rênes du train. Si les deux antagonistes symbolisent une figure divine au sein du Transperceneige, la seconde est déchue dès les premières heures de l’œuvre.

#5. Le contrôle des naissances

Ⓒ TNT/Netflix

Le film et la série ont pris une direction opposée sur un autre élément-clé de Snowpiercer : le contrôle des naissances. Dans l’adaptation de Bong Joon-ho, la fertilité de la queue du train est primordiale pour Wilford. Mais l’esprit cynique et génialement diabolique du cinéaste surgit à la fin du long-métrage, lorsqu’on apprend que le conducteur s’en sert en réalité d’esclaves afin de réparer et actionner les machines de la cabine. Un twist morbide qui ne risque pas d’arriver dans la série.

En effet, dès le premier épisode, le personnage de Josie (Katie McGuinness) révèle que les femmes n’ont pas donné naissance depuis près de 5 ans. Si ce n’est pas dit clairement dans le show, on nous fait comprendre implicitement que Melanie/Wilford a stérilisé les femmes de la queue du train. Reste que les enfants sont toujours kidnappés par les gardes de l’architecte, officiellement pour avoir une chance de vivre mieux, officieusement pour subvenir à des besoins sûrement sordides mais pas encore dévoilés.

#6. Des personnages disparus et d’autres émergents

Ⓒ TNT/Moho Films

La série a fait un grand tri par rapport aux protagonistes du film. Cette décision serait d’ailleurs cohérente avec la temporalité différente des deux œuvres. Le senior Gilliam (John Hurt), l’excentrique Mason (Tilda Swinton) et le farouche Nam (Song Kang-ho) ont disparu au profit d’Ivan (Mark Margolis), Ruth (Alison Wright) et Bess (Mickey Sumner). Mais l’adaptation épisodique de Snowpiercer profite aussi de son format pour introduire et approfondir des personnages de 3e et 1re classe qui interagissent avec les personnages principaux, un luxe que le film ne pouvait se permettre. Reste à découvrir ceux qui auront un rôle-clé dans l’intrigue de la série.

#7. Le meurtre

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C’est la grosse surprise de la série, et finalement la question qui allait nous tenir en haleine pendant plusieurs épisodes (voire plusieurs saisons) dans un espace limité. Le showrunner Graeme Manson a donc répondu avec une enquête policière, un procedural dans son format le plus… formaté des networks américains. Déception ou pas, le fait est que l’existence d’un meurtre n’a jamais été évoquée dans le film de Bong Joon-ho. Cette intrigue confirme ainsi le rôle de leader de Layton, un nouveau Curtis sous couvert d’ancien flic dédié aux affaires d’homicides avant l’apocalypse.

Les scénaristes de Snowpiercer profitent toutefois de cette enquête pour diluer des éléments présents dans le long-métrage : l’infiltré qui faisait passer des messages dans la nourriture est remplacé par Layton, la queue du train a toujours connu une phase sombre de cannibalisme et l’investigation marque aussi un prétexte pour justifier la présence de la violence au sein du train. Mais là où Curtis se contentait d’avancer tout droit vers l’avant, Layton fait des allers-retours constants pour tenter de résoudre le meurtre – et donc créer une forme de suspense et d’attente chez le spectateur.

En France, la saison 1 de Snowpiercer est diffusée en US+24 sur Netflix.