Queen Sono, la première série africaine de Netflix, est un Alias moderne et efficace

Publié le par Marion Olité,

©Netflix

Avis aux amateurs de séries d'action avec héroïnes badass !

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Sortie sans faire trop de bruit en France, le 28 février dernier, la série Queen Sono mérite qu’on s’y attarde et qu’on lui donne sa chance. Et ce, pour plusieurs raisons. La première d’entre elles, c’est que Netflix a beau avoir lancé des productions aux quatre coins du globe, il se trouve qu’elle n’avait pas encore de série originale africaine. C’est chose faite avec ce show d’action, qui rappelle immanquablement les belles heures des héroïnes badass des années 1990, en particulier Sydney Bristow dans Alias. Vous allez comprendre pourquoi. 

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Signée Kagiso Lediga, le show est centré sur les aventures d’une espionne sud-africaine, la fameuse Queen Sono, qui fait partie des Special Operations Group (le SOG). Cette trentenaire, rompue aux techniques de combat en tous genres, est aussi la fille de Safiya Sono, une révolutionnaire anti-apartheid tuée sous ses yeux alors qu’elle n’était qu’une enfant. Un homme se trouve derrière les barreaux pour ce meurtre, mais elle reste persuadée qu’il n’a pas agi seul, et qu’il porte le chapeau pour couvrir un complot plus large. Comme pour Sydney Bristow – qui va découvrir que ses parents étaient des agents doubles pour différents gouvernements et organisations – géopolitique et liens affectifs (familiaux mais aussi amoureux) sont intrinsèquement liés dans la vie de Queen.

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En effet, en plus de cette vieille affaire qui la hante encore et l’empêche d’avancer dans sa vie personnelle, la jeune femme va retrouver un ancien amour, Shandu (Vuyo Dabula), ex-agent du SOG devenu second en chef d’Ekaterina Gromova, une richissime russe, propriétaire de l’entreprise militaire privée Superior Solutions. Sous couvert d’aider les pays africains, cette dernière est accusée de financer des organisations terroristes. Ajoutez à cela des politiciens africains qui oscillent entre courage et corruption, des missions aux quatre coins du continent africain – du Nigeria au Kenya en passant par Zanzibar ou l’Afrique du Sud (la série a été tournée dans 37 lieux différents) – et vous obtenez une série d’actions classique et bien rythmée, certes un peu caricaturale – avec ses méchants russes et ses criminels de guerre – mais franchement divertissante pour peu qu’on soit sensible à ce genre sériel. 

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L’atout principal de Queen Sono, c’est son interprète principale, l’actrice Pearl Thusi, vue dans la série Quantico. Aussi convaincante en train de botter des culs (les scènes de fight sont assez cool, et rappellent encore une fois l’époque Alias) que dans des moments plus intimes – notamment avec sa grand-mère Mazet ou son ami d’enfance, William, qu’elle ne cesse de décevoir –  elle brille dans ce rôle de femme noire complexe. Sa garde-robe inspirante, ses différents tissus africains et ses coiffures extrêmement stylées (et variées !) donneront des idées fashion à bien des spectatrices. 

Série d’espionnage divertissante, Queen Sono brasse large pour faire découvrir le continent africain à une audience, celle de Netflix, elle aussi globale. On pourra lui reprocher ainsi de faire des bonnes grosses généralités et de ne prendre absolument pas en compte les spécificités des pays où l’espionne met les pieds. La série prend clairement le parti de nous donner un aperçu un peu cliché des pays africains, comme quand Sydney Bristow voguait de Berlin à Milan. La série utilise d’ailleurs, comme la série de JJ Abrams en son temps, le même procédé en indiquant le nom de la ville, qui prend tout l’écran, où l’agente du SOG est en mission. Les personnages parlent anglais, mais pas que. On entend également parler en russe, français, swahili, afrikaans… 

Production stills from the set of Netflix Queen Sono with Pearl Thusi, directed by Kagiso Lediga. (© Chris Duys/Netflix)

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Et puis, Queen Sono porte fièrement sa wokeness et son féminisme. Notre héroïne “sans peur mais avec des reproches” (dans le sens où elle n’est pas décrite comme parfaite) est bien entourée de femmes de tête comme Ekaterina, sa boss Miri Dube ou sa grand-mère Mazet, avec laquelle elle entretient la relation la plus touchante de la série. Plusieurs scènes disséminent clairement un message progressiste : un ami de Queen parle de sa mère en disant qu’elle était canon se fait reprendre par un autre personnage féminin noir, qui lui dit qu’il est sexiste, le rebelle révolutionnaire Shandu parle des “corps noirs” sacrifiés (et paradoxalement, il est encore prêt à tuer des innocents pour sa cause). Dans une autre séquence plutôt savoureuse, la Russe Ekaterina, en pleine conférence façon Ted Talk, se fait rabrouer par une femme blanche humanitaire qui l’accuse de néocolonialisme. Dans l’assemblée, deux personnes noires réagissent, blasées : “deux blanches qui débattent pour l’avenir de l’Afrique”. 

Avec son cliffhanger, la fin de la saison 1 laisse clairement la porte ouverte à une deuxième saison pour Queen Sono, qui effectue des premiers coups de poings solides dans l’univers Netflix, même s’il y a largement la place pour une nette amélioration. La série a trouvé son ton et ses personnages : il reste à les polir. 

La saison 1 de Queen Sono, composée de six épisodes, est disponible sur Netflix. 

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