Une campagne de mobilisation lancée sur les réseaux sociaux vise la libération du photojournaliste Shawkan

Publié le par Lisa Miquet,

A voir aussi sur Konbini

Depuis le 14 août 2013, le photographe Mahmoud Abou Zeid, connu sous le pseudonyme de Shawkan, est détenu par les autorités égyptiennes. Son crime ? Avoir couvert la dispersion par les forces de l’ordre des manifestants pro-Morsi, sur la place Rabaa al-Adawiya, au Caire. Ce jour-là, il ne portait rien d’autre que son appareil photo et exerçait tout simplement son métier, pour l’agence de presse Demotix. Sa détention est donc arbitraire, comme l’a démontré le groupe de travail des Nations unies en charge du dossier en 2016. Un fait qui devient presque courant, puisque depuis 2012 pas moins de 30 journalistes égyptiens ont été emprisonnés dans leur pays pour avoir fait leur métier. L’association Reporters sans frontières dénonce :

Publicité

“La méfiance et l’hostilité envers les médias ont atteint des sommets en Égypte, et les conséquences sont dramatiques. De plus en plus de journalistes sont emprisonnés, accusés de terrorisme simplement pour avoir tenté de recueillir des informations indépendantes. Les médias locaux sont étouffés et la presse étrangère décrédibilisée par les autorités. Nous réitérons notre demande aux autorités de libérer les journalistes arbitrairement détenus et de cesser les intimidations envers la presse indépendante.”

Publicité

Alors que cette arrestation représente une violation de la législation égyptienne sur la liberté de la presse, déjà mise à mal par la loi antiterroriste du président Al-Sissi promulguée en 2015, Shawkan est en détention depuis plus de 5 ans. Une incarcération injuste et dangereuse pour la vie du jeune homme.

Condamné à mort par le parquet égyptien

Comme l’explique Reporters sans frontières, durant sa détention, il a subi de nombreuses violences physiques, de mauvais traitements dont notamment la privation de médicaments alors que ce dernier est atteint d’une hépatite C et a de graves problèmes de santé. Si la situation était déjà extrême, elle est aujourd’hui encore plus urgente et grave, puisque le 3 mars dernier, le parquet égyptien a requis la peine de mort contre le jeune homme, exigeant l’exécution par pendaison, un jugement collectif donné au cours d’un procès de masse aux côtés d’autres détenus également interpellés lors de la manifestation de la place Rabaa.

Publicité

Face à la situation extrêmement alarmante et aux risques pour la vie de Shawkan, une campagne de mobilisation virale est lancée sur les réseaux sociaux afin d’interpeller le pouvoir égyptien et exiger la libération du photographe.

Pour cela, il vous suffit de poster sur les réseaux sociaux un portrait de vous, à la manière de celui de Shawkan derrière les barreaux, mimant la posture de celui qui prend une photo, puisqu’on lui a confisqué son appareil. Ces images devront être postées à partir du 10 avril avec le hashtag #MyPicForShawkan. Une participation simple, mais pourtant nécessaire pour espérer faire reculer le pouvoir égyptien et sauver la vie du photographe.