Entre photographie et sculpture, les images fragmentées de Micaela Lattanzio

Publié le par Lisa Miquet,

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Avec ses images fragmentées, Micaela Lattanzio sort du cadre traditionnel et pose un nouveau regard sur le medium photographique.

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On a souvent l’habitude de voir des photos sur nos écrans ou sur papier, mais la photographie peut aussi être imprimée sur de nombreuses surfaces, et même en volume. C’est ce que nous montre le travail de Micaela Lattanzio, qui crée des œuvres à la frontière entre photographie et sculpture. En effet, à travers ses images, l’artiste explore l’idée de fragmentation et de reconstruction. Pour cela, elle fait des portraits qu’elle imprime et qu’elle découpe. Elle rassemble ensuite les différents morceaux sur une toile vierge, crée d’étonnantes compositions et donne une nouvelle perspective à l’image en jouant avec la lumière et la profondeur : un puzzle graphique qui propose une image inédite. Si ces œuvres sont déstructurées, elles synthétisent pourtant les différentes activités de l’artiste, aussi douée en photographie qu’en mosaïque, comme elle l’explique dans une interview livrée au blog Alumind :

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“À l’âge de 16 ans, j’ai commencé à travailler comme artiste en mosaïque puis j’ai étudié les différentes techniques de peinture. […] La photographie, cependant, m’a beaucoup accompagnée durant mon enfance, grâce aux enseignements de mon père qui faisait beaucoup d’argentique. La photographie a toujours été une sorte de compagnon, au début, c’était plutôt comme les notes d’un journal ou une étude préparatoire pour mes peintures. J’ai toujours aimé l’immédiateté avec laquelle l’image transmet un moment vécu. […] Par la suite, j’ai ressenti le besoin de synthétiser et unifier mes expériences, en absorbant les techniques apprises dans une formule unique. Dans mon travail, il n’y a pas de frontière entre la peinture et la photographie, mes œuvres sont l’expression du même visage, une façon de décrire une idée. Je suis photographe, mais aussi artiste. C’est ce qui m’a incité à éclater mes images. Si je regarde mon travail d’un point de vue esthétique, les photographies sont également les parties d’une palette de peinture, chaque pièce coupée à la main fait partie intégrante d’une méthode picturale.”

Les images deviennent des palettes de couleurs

Tirant ses méthodes de travail directement de la peinture et de la mosaïque, l’artiste explique avoir la plupart du temps une idée très claire de l’œuvre qu’elle souhaite réaliser. Elle photographie dans un premier temps ses modèles, puis découpe à la main chacune de ses images et dispose les morceaux dans différentes boîtes pour recréer des palettes de couleurs.

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“Je reproduis l’image selon le motif préétabli dans mon esprit. Il y a une planification dans mon travail, mais mes images prennent vraiment vie au moment précis où je les rassemble. Parfois, je les crée comme je l’avais imaginé, dans d’autres cas, c’est le travail de composition qui me donne de nouvelles idées, créant ainsi la possibilité d’évoluer. Un autre élément-clé de mon travail est l’élément tridimensionnel, chaque fragment est placé sur des broches de différentes longueurs. Cette méthode crée également un mouvement dicté par les ombres qui changent en fonction de la lumière, donnant un aspect inédit au travail.”

Au-delà d’être particulièrement graphiques et novatrices, les œuvres de Micaela Lattanzio sont aussi chargées de sens. En effet, les derniers portraits de sa série Fragmenta abordent avec justesse la dégradation des droits des femmes et soulignent les discriminations politiques et sociales.

Vous pouvez retrouver le travail de Micaela Lattanzio sur son site personnel.

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