Vidéo : comment un musicien de black metal se grime pour monter sur scène

Publié le par Théo Chapuis,

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Le black metal est célèbre pour le maquillage horrifique porté par ses musiciens sur scène, appelé “corpse paint”. En vidéo, le chanteur du groupe Behemoth montre comment il s’y prend pour se transformer en fantôme.
C’est bien connu : un musicien de black metal sans son maquillage, c’est comme une bamba triste. Élément emblématique du mouvement depuis la fin des années 80 et sa nouvelle vague portée par nombre de groupes norvégiens (Mayhem, puis Immortal, Emperor…), le maquillage noir et blanc aussi appelé corpse paint (littéralement “peinture de cadavre”) s’est imposé dans le genre avec autant de bruit que les croix renversées et autres pentagrammes.
Quasi-indissociable de la frange la plus sulfureuse du heavy metal encore en 2015, le corpse paint n’en demeure pas moins un apparat mystérieux. Adam Darski, le charismatique frontman du groupe polonais Behemoth, a posté sur le compte Facebook du groupe une vidéo révélatrice où on peut être témoin de sa transformation en “Nergal”, le furieux avatar anti-chrétien qu’il incarne sur scène.
Dans un time-lapse de 25 secondes intitulé We are not, We become. The magick of Metamorphosies…. (“Nous ne sommes pas, nous devenons. La magie des métamorphoses…”), le guitariste chanteur du groupe polonais le plus menaçant de la planète metal montre que si le rendu final peut sembler anarchique pour le profane, la préparation est en réalité une chose bien complexe : spray blanc sur le crâne, puis cercler les yeux de noir, étaler, ajouter à nouveau du blanc, étaler encore, noircir le dessous des pommettes, puis les lèvres, salir aussi les bras plus grossièrement… voilà ! Vous êtes fin prêt à blasphémer gaiement en musique.

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We are not. We become. The magick of Metamorphosies....

Posted by BEHEMOTH! on samedi 25 avril 2015

“Ressembler à un cadavre”

Alice Cooper, Mercyful Fate, les inénarrables KISS ou même Screamin’ Jay Hawkins dans les années 60… le maquillage horrifique n’a pas attendu le grand méchant metal noir pyromane de quelques ados Norvégiens de la fin des années 80 pour traverser le rock. Pourtant, le crédit de la pérennité du corpse paint black metal revient sans nul doute à Per Yngve Ohlin – dont le nom de scène, Dead, fut singulièrement prémonitoire.
Avant son suicide en 1991, le chanteur éphémère (mais décisif) de la carrière de Mayhem est le premier à se grimer de la sorte, “non pas pour imiter Alice Cooper ou Kiss”, explique Necrobutcher, bassiste du groupe encore aujourd’hui : “Il voulait réellement ressembler à un cadavre”. À l’époque, avant d’apparaître sur scène, le chanteur avait pour coutume d’enterrer ses vêtements profondément sous terre afin qu’ils dégagent une odeur de putréfaction. “Un jour, il nous a même demandé que ce soit lui qu’on enterre”, se souvient le batteur Hellhammer. “Il voulait que sa peau soit très pâle”. Quand il se donne la mort, il n’omet pas d’écrire dans sa lettre de suicide un ironique “désolé pour le sang”.
De l’atmosphère mortifère et dangereuse qui régnait à l’époque dans l’embryon de la scène black metal norvégienne, il ne reste pas grand-chose : en 2015, il existe des centaines de vidéos de tutoriels de corpse paint sur YouTube.

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