Tim Howard, héros du Mondial et victime du syndrome de la Tourette

Publié le par Louis Lepron,

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Les lauriers d’Internet

La performance de Tim Howard n’a pas manqué de provoquer des dizaines de détournements sur Internet. Un hashtag original lui a ainsi été consacré : “#Things Tim Howard could save” ou “Les choses qu’aurait pu sauver Tim Howard”.
Entre la disparition des dinosaures, la mort de Mufasa dans Le Roi Lion, le Titanic et le 11 septembre, le gardien américain était partout.




La chaîne ESPN n’a pas hésité, à la fin du match perdu par les USA, de le comparer au Mont Rushmore, ce célèbre monument américain qui voit les visages sculptés de quatre grands présidents américains, de Washington à Jefferson en passant par T. Roosevelt et Lincoln.
Aussi, en hommage à ses qualités sportives, la page Wikipedia “United States Secretary of Defense” a été piratée. Pendant une minute, Chuck Hagel, actuel secrétaire de la défense des États-Unis, était remplacé par Tim Howard.

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Le parcours du combattant de Tim Howard

Pourtant, Tim Howard n’est pas un gardien comme les autres. Depuis ses six ans, cet Américain né à North Brunswick Township dans le New Jersey, est atteint de la maladie de Gilles de la Tourette. Ce trouble neurologique héréditaire se traduit par des tics moteurs ou vocaux.
Soit des changements physiques brusques et des paroles qu’il ne maîtrise pas, comme il l’évoque dans Le Figaro :

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De neuf à quinze ans, c’était le chaos avec tous ces tics. Et lorsque je commençais à comprendre comment l’un d’eux fonctionnait avec mon corps, six mois ou un an après, un autre tic survenait.

Dans un entretien accordé au quotidien allemand Der Spiegel, l’Américain souligne aussi que les troubles peuvent “[survenir] en permanence” : “Lorsque je m’entraîne ou pendant un match, je peux développer une contraction de l’un de mes bras, de mon cou ou de mes yeux. C’est en général très soudain“.
Premier gardien américain à s’occuper des cages de Manchester United, Tim Howard est moqué à son arrivée. Il est troisième gardien, derrière le Français Fabien Barthez mais comme le souligne Le Figaro, “les médias anglais ont osé employer le mot «retardé» pour qualifier cet international américain”. 
Pourtant, lorsque la tension est à son comble, c’est à dire lorsque l’attaquant de l’équipe adverse se fait dangereux, Tim Howard maîtrise la situation :

Dès que les choses deviennent sérieuses devant le but, je n’ai plus ces tics et mes muscles m’obéissent.

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Ne demandez pas aux médecins comment une telle précision devant les charges repétées du ballon rond peuvent être possibles, ils ne sauraient vous répondre. D’après le portier, “c’est probablement parce que à ce moment de la partie, ma concentration est supérieure au syndrome”.
Et de conclure :

Sur le terrain, je n’étais jamais le Tim qui avait le syndrome de la Tourette, j’étais le Tim qui marquait des buts, des paniers ou tapait des home-run au baseball