On sait enfin pourquoi les règles sont douloureuses

Publié le par Thibault Prévost,

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Elle, c’est la C-reactive protein (ou “protéine C réactive” comme on l’appelle chez nous). Appelée CRP par les chercheurs, elle est un biomarqueur de l’inflammation et serait apparemment responsable du syndrome prémenstruel (SPM) que connaissent plus ou moins les femmes, selon leur chance à la loterie génétique.

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Inflammations, douleurs abdominales, faiblesse générale, fluctuations d’appétit, d’humeur et de poids, voire migraines et vomissements : la dysménorrhée, de son petit nom médical, est un véritable calvaire mensuel — et le syndrome toucherait jusqu’à 80 % des femmes.

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Aujourd’hui, grâce à une étude effectuée sur 3 000 femmes, parue dans le Journal of Women’s Health et relayée par The Independent, le nom du coupable ne fait (presque) plus aucun doute : mesdames, la CRP est bien la saloperie à l’origine de tous vos maux. Alors, bientôt un traitement ?

Un sujet encore tabou

À vrai dire, non. Selon les auteurs de l’étude, il est déjà possible de contrer les effets de la CRP, par ailleurs soupçonnée de jouer un rôle dans la formation des crises cardiaques, lorsqu’elle est associée à certains anti-inflammatoires. Mais l’étude admet qu’il reste encore du travail à faire avant de vraiment comprendre le rôle de la protéine dans le SPM. Et c’est là tout le problème.

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Dans ce champ de recherche, le problème est ailleurs, bien loin du domaine médical : premièrement, les chercheurs sont (encore) majoritairement des hommes et, deuxièmement, le sujet des menstruations est encore tabou dans le monde de la recherche, sans qu’on ne sache trop pourquoi. Résultat: un manque criant d’études sur le sujet, et une recherche qui avance en rampant.

En février, le professeur John Guillebaud de l’University College de Londres secouait ses collègues sur le sujet en affirmant que le SPM était “aussi douloureux qu’une crise cardiaque”. Avant d’ajouter que “les hommes ne le comprennent pas et le sujet n’a pas eu la reconnaissance qu’il mérite”. Effectivement, difficile d’imaginer qu’un syndrome qui provoquerait des douleurs mensuelles chez plus de la moitié des hommes de la planète serait tout simplement ignoré.