Krist Novoselic : “Dave Grohl et moi pourrions composer à nouveau un jour”

Publié le par Théo Chapuis,

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Il détaille alors les choix du casting qui s’est succédé au micro à la place du génie neurasthénique. Joan Jett des Runaways ? Elle a “changé la place des femmes dans le rock’n’roll”. Kim Gordon de Sonic Youth ? “Un phare de lumière au sein de la scène punk, à la prédominance masculine et macho”. St. Vincent ? “Une musicienne tordue, qui repousse les limites [du rock] aujourd’hui”. Et la toute jeune Lorde, née alors que Nirvana n’existait même plus ? “Elle a un incroyable avenir devant elle pour son talent de compositeur, chanteur et interprète”.
Depuis la mort de Kurt Cobain, Krist Novoselic n’a pas eu la carrière flamboyante ni l’entourage de stars dont peut se flatter son comparse batteur. Pourtant, même s’il a continué à jouer de la basse dans diverses formations, il avoue à Andy Greene de Rolling Stone avoir dû réapprendre les parties de basse avec des livres de tablatures de Nirvana. Il raconte que c’est en répétant à nouveau avec Dave Grohl que ça l’a frappé :

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Ça m’a frappé et m’a rendu, sombre tout à coup. Je me suis dit “Oh mon dieu. Je joue ces chansons à nouveau”.
Il n’est pas le seul a avoir senti un déclic s’opérer en déterrant ces vieux souvenirs, enfouis depuis plus de 20 ans. Dave Grohl témoigne : “La première fois où nous avons rejoué ensemble, c’était comme si je me trouvais nez-à-nez avec un fantôme. La deuxième fois, cette impression s’est atténuée. Et la dernière fois, c’était comme Demi Moore et Patrick Swayze pendant la scène de la poterie de Ghost.

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Il poursuit : “Je n’avais pas joué dans ce groupe depuis 20 ans. C’est quand j’ai entendu comment on sonnait après avoir jammé “Scentless Apprentice” que cette reformation m’a semblé légitime. J’avais presque oublié ce que c’était que d’être à nouveau dans une pièce “pleine de Nirvana”. C’est ce premier jour qui m’a convaincu de le faire. Je me suis souvenu : “Oh, c’est ça ! On sonnait comme ça et c’est pour cela que les gens nous écoutaient””.
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Puis la question, celle qui a dû brûler les lèvres de chacun des journalistes présents ce soir-là et que Rolling Stone a fini par la poser : y’a-t-il un avenir possible ? Confiant, le bassiste s’extasie :

C’est une bonne question. Bon, il y a Foo Fighters et Dave a beaucoup d’autres projets en cours. D’ailleurs, j’ai d’autres engagements. Mais je ne peux pas fermer la porte. On l’a fait. Je ne dirai jamais non pour le refaire. Peut-être Dave Grohl et moi pourrions même composer de nouvelles chansons à l’avenir.

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Mais on le sait : Dave Grohl est un homme occupé. “Nous n’en avons pas parlé. Nous avons vécu cette soirée comme un événement qui pourrait ne plus jamais se produire. C’est ce qu’il lui a donné du sens, qui l’a rendu si puissant et si beau. Et ça pourrait bien ne jamais arriver à nouveau, alors nous avons donné le meilleur de nous-mêmes. Et putain, c’était bien.
Dans une note sur son blog, il partage une pensée plus intime encore : “Je me sens comme si nous avions invoqué l’esprit du groupe et nous n’aurions jamais réussi cela seuls. Ça, c’est une note douce-amère : Kurt nous manque beaucoup. Mais puisque nous allions être intronisés, le spectacle devait continuer !”.
-> À lire : Entretien : la dernière séance photo de Kurt Cobain, vingt ans plus tard