L’homme aurait fait entrer la Terre dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène

Publié le par Jeanne Pouget,

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Des experts réunis lors du Congrès géologique international qui se tient au Cap, en Afrique du Sud, ont appelé à déclarer la fin de l’Holocène, l’ère géologique actuelle, et le début d’une nouvelle période marquée par l’action de l’homme : l’Anthropocène. 

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Changement climatique, érosion des sols, disparition d’espèces, réchauffement des océans… La liste des conséquences de l’action de l’homme sur la planète est longue. Et pour la première fois en 4,5 milliards d’années, une espèce unique a radicalement changé la morphologie, la chimie et la biologie de la Terre.

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Cela a conduit le groupe d’experts réunis actuellement au Congrès géologique international, qui se tient au Cap (Afrique du Sud), à voter à une forte majorité (30 pour, 3 contre, 2 abstentions) en faveur de l’entrée officielle de la Terre dans une nouvelle ère géologique appelée “Anthropocène”. Cette ère, dont le nom a été forgé à la fin du XXe siècle par le prix Nobel de chimie Paul Crutzen, aurait débuté selon le scientifique à la fin du XVIIIe siècle avec la révolution industrielle.

Une datation qui fait débat au sein de la communauté scientifique. Les experts réunis en Afrique du Sud prennent quant à eux pour point de départ les années 1950, qui ont vu l’accélération de la concentration de dioxyde de carbone dans l’atmosphère.

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“L’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète”

Le passage à l’Anthropocène en faveur duquel sont favorables les géologues est en réalité loin d’être acté. En effet, leur proposition devra être soumise à de nouvelles commissions d’experts et il faudra encore au moins deux ans pour parvenir au terme du processus. Néanmoins, ce congrès marque la reconnaissance scientifique de ce nouvel âge géologique.

Ce qui n’est pas franchement un bonne nouvelle pour l’environnement : “L’homme est devenu une force telle qu’il modifie la planète. C’est aussi inquiétant”, a déclaré à l’AFP Catherine Jeandel, directrice de recherche au CNRS et membre de ce groupe qui travaille depuis plus de sept ans sur la question.

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Pourquoi alors employer le terme d'”Anthropocène” plutôt que celui de “crise environnementale” qui lui préexistait ? Dans un entretien à Libération daté de 2013, l’historien des sciences Christophe Bonneuil répondait ainsi : “Dire qu’on est entrés dans l’Anthropocène, c’est dire qu’il ne s’agit pas d’une crise passagère, qu’on peut oublier entre deux Sommets de la Terre au nom de la sacro-sainte croissance, mais d’une révolution géologique d’origine humaine.” En d’autres termes : une remise en question massive de notre modernité industrielle.