Le Brexit nous donne comme une drôle de gueule de bois

Publié le par Charles Carrot,

Romain Duris dans Les Poupées russes.

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Voilà ci-dessous ma réaction spontanée aux résultats du référendum sur le Brexit du 23 juin. Cela paraissait improbable et pourtant : les Britanniques ont voté à 51,9 % en faveur de la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union européenne. Gros coup dur. Parce que cette journée paraît historique, et a priori, pas vraiment dans le bon sens.

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Le Royaume-Uni a donc voté hier pour quitter l’Union européenne. J’ai toujours refusé de croire à cette éventualité : je voyais l’euroscepticisme britannique comme une posture et l’Angleterre comme un vieil oncle ronchon qui n’aime rien ni personne, mais vient quand même aux repas de famille et goûte tous les plats.

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Je ne pensais pas me sentir tellement concerné, mais je me rends compte que je suis sincèrement secoué par le résultat de ce référendum – que je n’ai pas vu venir alors que je croyais bien connaître le Royaume-Uni. J’ai passé deux ans dans une université anglaise où les Erasmus étaient presque aussi intégrés que les étudiants locaux, j’ai vu des projets liés à l’UE dans de nombreux petits recoins de l’économie britannique, et je considère toujours Londres comme une ville hautement européenne, de facto, qu’elle le veuille (c’était le cas) ou non.

C’est pour cela je pensais que les partisans du Brexit ne l’emporteraient pas : parce que la politique n’est pas une histoire d’amour et parce que le Royaume-Uni avait de forts intérêts à rester dans l’Union européenne.

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Une secousse dans toute l’Europe

Je comprends néanmoins pourquoi autant d’électeurs ont voté pour la quitter. Si le camp du “Remain” avait gagné, cela aurait été la victoire du statu quo et rien n’aurait changé… Jusqu’au référendum suivant, la prochaine élection, la prochaine crise. Ce matin, les électeurs britanniques ont provoqué une secousse dans toute l’Europe, leurs voix ont eu un impact fort et direct, et c’est une impression qu’on n’a que trop rarement dans les démocraties actuelles — en France notamment.

Pendant des années, j’ai eu pour projet de travailler dans l’Union européenne, de contribuer à la rendre plus compréhensible, plus démocratique, moins élitiste. J’ai changé d’objectif, mais pas d’opinion : la construction européenne me paraît toujours le seul moyen d’assurer l’avenir de l’Europe dans presque tous les domaines. Et j’espère de tout cœur que ce référendum sera l’amorce d’une réforme ambitieuse de l’UE plutôt que l’annonce de son effritement progressif.

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