En 2017, la politique est animale
Un parti des animaux à quelques mois des législatives… pas bête la guêpe. Pendant cette campagne présidentielle de 2017, la question animale n’a jamais été aussi présente. L’association L214 publie vidéos sur vidéos dans les coulisses des abattoirs pour dénoncer la maltraitance animale des élevages intensifs, les végans prônent une nouvelle forme d’alimentation respectant les animaux, et les associations environnementales démontrent une possible nocivité d’une trop grande consommation de viande pour la santé.
Et ça marche. Les félins de la politique que sont Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont fait de la cause animale un combat important de leur campagne. Ce dernier avait entre autres annoncé la création d’un Comité national d’éthique des abattoirs pour mettre fin aux souffrances animales. Quant à Jean-Luc Mélenchon, récemment mangeur de quinoa, tout un pan de son programme l’Avenir en commun était consacré à « éradiquer la maltraitance envers les animaux ».
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Quand Caron en appelle à Mélenchon
Ce vendredi 12 mai, Aymeric Caron, journaliste et écrivain, vétéran de la team Ruquier, a pris le taureau par les cornes et s’est directement adressé à Jean-Luc Mélenchon, dans une tribune publiée dans Libération. Son message : faire entrer des candidats du Parti animaliste à l’Assemblée nationale. Il faut l’avouer, l’animal médiatique est plutôt légitime pour s’exprimer sur le sujet. Il y a un an Aymeric Caron publiait une ode au rassemblement entre les espèces dans Antispéciste, réconcilier l’humain, l’animal, la nature.
Dans son texte, il vante le candidat de la France insoumise d’avoir « défendu la réduction des protéines carnées, dénoncé la cruauté de l’élevage intensif, rappelle la nécessité de respecter la sensibilité des animaux. Avec ses prises de position, Mélenchon a su séduire nombre de végétariens et végans, en offrant une vitrine et une reconnaissance publique à leur combat », souligne le journaliste.
« Être végan, c’est être révolutionnaire », avait dit Jean-Luc Mélenchon face à une lectrice végétarienne du Parisien. Pas étonnant que le candidat de la France insoumise ait été désigné meilleur postulant à l’Élysée par le site de L214. Lui attribuant la note de 15,4/20, L214 a donné la mention « Agit pour les animaux » à Jean-Luc Mélenchon, lui confiant ainsi une nouvelle tâche. Mélenchon est ainsi devenu le meneur de la meute, et « le candidat préféré de nombreux militants », affirme Aymeric Caron. Même si ce dernier avoue ne pas avoir voté pour lui, notamment à cause de son refus de condamner la corrida et la présence d’animaux dans les cirques, il le félicite d’avoir repris certains arguments pro-animaux.
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Deux animalistes-insoumis à l’Assemblée ?
Sans y aller par quatre chemins, Aymeric Caron demande à Jean-Luc Mélenchon d’investir des candidats du Parti animaliste sur les listes de la France insoumise pour les élections législatives. En effet, le tout nouveau parti dispose de près de 150 candidats aux législatives, mais n’a pas les moyens financiers de les présenter dans toutes les circonscriptions. De plus, sans alliance, peu de chance qu’un parti qui ne propose pas grand-chose pour l’économie, l’éducation ou l’Europe l’emporte.
Clairement, Aymeric Caron lui demande deux postes de députés animalistes, qui ne recevront aucune consigne de la France insoumise. Proposition qu’il fait aussi à Benoît Hamon, « qui a aussi avancé un certain nombre de propositions en faveur de la cause animale ». Mais le journaliste ne se cache pas de préférer Jean-Luc Mélenchon pour défendre sa cause, tout en rappelant qu’il n’est absolument pas candidat aux législatives. Aymeric Caron se permet de comparer les « animalistes » aux « insoumis », qui « refusent l’ordre établi et combattent l’injustice faite aux plus faibles. »
« Leur voix sera le signal fort du bouleversement idéologique en cours », affirme l’antispéciste. Jean-Luc Mélenchon, occupé à Marseille pour sa candidature dans la 4e circonscription de la cité phocéenne, n’a pas encore répondu. Peut-être prend-il le temps de ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.
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