On a pris des nouvelles de Kemmler, un rappeur vraiment “Différent”

Publié le par Guillaume Narduzzi,

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Le rappeur marseillais vient de sortir un nouveau morceau de haut vol habillé d'un super clip animé, ce vendredi 10 avril.

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Depuis quelques années, Kemmler commence à se faire un joli nom dans le rap français. Un engouement qui a fini par se matérialiser avec Rose il y a deux ans de cela, un premier album rafraîchissant et plein de promesses, comme en témoignent par exemple les titres “Pardonne-les” ou bien “J’suis pas chanteur”.

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Depuis, le jeune artiste a signé avec le prestigieux label Def Jam et a même fait un crochet chez nous lors de la saison 2 de “Frenchmen”. En cette année 2020 décidément exceptionnelle, Kemmler est de retour plus affûté que jamais avec son nouveau single “Différent”, paru ce vendredi 10 avril. L’occasion rêvée d’échanger avec un artiste sincère et touchant.

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Konbini | Hello Kemmler, comment ça va ?

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Kemmler | Salut Konbini ! Mis à part un réel manque de ma famille, un peu comme tout le monde je pense, j’essaie de tourner le confinement de manière positive. Écrire un maximum, trouver des concepts originaux. Bon après, je ne te mens pas, je passe aussi grave de temps devant Netflix en bouffant n’importe quoi.

Tu viens de sortir “Confinez-moi avec elle”. Ça te donne de l’inspiration ce confinement ?

Ce morceau, je l’ai fait comme jamais j’avais fait avant. Ça s’est fait en plusieurs étapes. Je me suis engagé tous les jeudis du confinement à proposer un concept à mes abonnés et cette semaine-là je me suis dit : “Et si je faisais un morceau avec eux ?” Du coup, le lundi, je leur ai proposé de choisir entre deux prods, puis de me donner tous les mots ou expressions qui leur venaient à l’esprit en rapport avec le confinement. J’ai reçu plus de 700 commentaires en 24 heures. Pour être honnête avec toi, je ne m’attendais pas à autant et je me suis dit : “Putain il te reste 48 heures mon pote.” [Rires.]

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Le mardi, je me mets à tout lire, trier et noter les mots et les expressions que j’aime bien, et je commence à écrire dans la nuit. Je m’enregistre dans mon dressing avec une chaussette en guise d’anti-pop [rires]. J’envoie ça à Duane Charly, mon compositeur et aussi mon ingénieur son. Il mixe le titre dans la foulée et puis me dit : “Putain je verrais trop la voix d’Elisa des LEJ à la fin du titre.” Je l’ai appelée à une heure improbable, elle a dû me détester d’ailleurs [rires].

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Trente minutes après, il y avait sa voix sur le titre. Et là, je me dis : “Mec, on est mercredi matin, t’as pas dormi. Le morceau est prêt et il te reste 24 heures. Soit tu dors, soit tu trouves une idée pour faire marrer les gens.” C’est là que j’appelle Pat and patate, mon incroyable vidéaste qui s’est prêté au jeu à fond. J’ai tout filmé toute la journée, je lui ai envoyé, je suis parti dormir et jeudi à 14 heures, j’avais le clip dans ma boîte mail. La réaction des gens a été plus que ouf et franchement je ne regrette pas de ne pas avoir dormi.

Comment tu bosses en ce moment ?

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Je suis vraiment un passionné de musique. J’ai la chance d’avoir de quoi m’enregistrer et une équipe super cool autant passionnée que moi. À part le confort du studio, ça ne change pas grand-chose pour moi. J’écris énormément pour pas dire tout le temps.

Tu sors un nouveau morceau clippé ce vendredi avec “Différent”. Qu’est-ce que t’as souhaité offrir au public avec ce titre ?

Offrir le second single de mon deuxième album. C’est un des derniers morceaux que j’ai écrits, et paradoxalement c’est le deuxième que je sors, parce qu’il raconte un peu mon évolution et je trouvais honnête de montrer cette partie de ma vie dès le départ.

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En quoi te sens-tu différent ?

Je suis différent du gars que j’étais avant, pas forcément différent des autres. Ma carrière avance bien, tout ce que j’ai toujours voulu est en train de se passer. Mais le contrecoup, c’est que je me rends compte que je passe tout mon temps en studio, en déplacement ou en promo. Je vois de moins en moins ma famille, mes potes… Le pire dans tout ça, c’est que même lorsque je suis avec eux, ils me reprochent d’être ailleurs. Je ne crois pas que ce soit moi qui ai changé, ni en mieux ni en moins bien, mais je dois avouer que c’est différent…

Comment t’as bossé ce nouveau clip ?

J’avais ce clip en tête depuis un bon moment. J’étais tombé sur Naomless sur Instagram. Il avait fait un visuel sur “William” de Damso je crois. J’ai trouvé ça génial et je l’ai enregistré dans mon Insta en me disant que pour le deuxième album il fallait absolument que je bosse avec lui. Et deux ans plus tard, on bosse ensemble. Merci à lui d’ailleurs, c’est cool qu’il ait accepté de taffer avec moi. Je fonctionne toujours au coup de cœur, dans la vie comme dans le taff.

Tu dis qu’avant les gens disaient “qui c’est” en parlant de toi, et que ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui.

[Rires.] En vrai, je me la raconte un peu en disant ça. Évidemment, il y a énormément de monde qui se demande encore qui je suis. Mais j’ai l’impression que, contrairement à avant, au lieu de se dire “c’est qui celui-là encore ?”, ils reconnaissent de plus en plus mon travail et s’y intéressent. C’est flatteur, mais il y a encore du boulot.

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Mais en même temps, tu dis que tu n’as pas encore “percé” dans ce nouveau titre.

Je sais pas vraiment ce que ça veut dire “percer”. C’est subjectif, mais si c’est être riche alors je te promets que j’ai pas percé [rires].

Plus globalement, que s’est-il passé pour toi depuis la dernière fois ?

Beaucoup de trucs. J’ai signé mon premier contrat, fait mes premiers concerts où mon nom était écrit pour de vrai sur l’événement [rires]. L’Olympia avec Youssoupha, le Dôme de Paris et celui de Marseille avec Shy’m. J’ai fait mes premières photos, rencontré mes premiers fans… Mec, en vrai tout est nouveau pour moi [rires].

Comment ça se passe depuis ta signature avec Def Jam ?

Une exposition plus grande forcément, puis ça se passe bien, on bosse dans le même sens. Ils me laissent une liberté artistique qui est vraiment cool et ça quand j’ai signé, c’était le plus important pour moi après la thune… [Rires.]

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Tu parlais de ton deuxième album, tu en es où actuellement ?

Il est prêt, au chaud avec moi à la maison. J’espère qu’on va pouvoir le déconfiner très vite. Pour être transparent, c’est un peu compliqué de faire une vraie promo, une vraie tournée avec tout ce qu’il se passe en ce moment. Et puis ce n’est pas la priorité non plus. Mais je peux te dire qu’il est prêt et j’ai qu’une hâte c’est de pouvoir [le] sortir.

Quelle direction as-tu souhaité prendre ?

C’est trop important pour moi de ne pas me précipiter. J’ai choisi de rapper réellement ce que je vis et ce que je ressens sans tricher. Chaque album sera comme un marqueur de ma vie dans le temps. Je ne peux pas sortir un album tous les six mois pour raconter la même chose, ça serait se foutre de la gueule des gens et j’aurais du mal à assumer ça.

Musicalement, j’essaie de faire du “Kemmler”. C’est un mélange de plein de trucs que j’aime, du rap bien sûr mais aussi de la chanson française et un peu d’électro. On est allés plus loin que sur l’album précédent, aussi bien pour les prods que les textes. Mais c’est pas simple d’expliquer la musique, donc j’espère que vous m’accueillerez pour en reparler de vive voix dès que l’album sortira !

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