Punks, néo-nazis et sang : quand l’horreur débarque en salles avec Green Room

Publié le par Louis Lepron,

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Un film de genre rafraîchissant

Avec son troisième film, Jérémy Saulnier réussit à marier son amour pour le film du genre qu’il avait concrétisé presque sans moyens avec Murder Party et sa science de la mise en scène profondément violente qu’il avait mise en situation avec le vengeur Blue Ruin. L’humour noir des frères Coen en plus.
Le plus intéressant est la manière dont le cinéaste développe son film. Pas à pas, sans fioritures ni abus de références. Son cinéma, il le connaît, il le maîtrise. Si Blue Ruin était silencieux, avec des instants absurdes, Green Room allie la parole à l’acte, les dialogues à prendre au second degré aux tueries cruelles, comme pour mieux se moquer, détourner et rigoler d’un genre, le slasher, qui s’est lui-même auto-parodié avec le monument Scream transformé au fil des années en franchise.
Les personnages, eux, sont à contre-courant de toute la mode apportée par les films de super-héros hollywoodiens : ici, pas de courage ou de prises de risques insensées qui amènent à la victoire sur l’ennemi. Ils font des erreurs, se dépassent mais la situation dans laquelle ils sont pue quelque chose d’assez simple, la merde.
Au final, si Green Room ne renouvèle pas le cinéma de genre, la Quinzaine des réalisateurs a au moins eu le mérite de mettre la lumière sur le dynamisme horrifique qui a lieu outre-Atlantique, entre des cinéastes comme Jeremy Saulnier, David Robert Mitchell ou encore Adam Wingard.

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