Europe : 40 % des start-up estampillées IA n’utiliseraient pas réellement d’IA

Publié le par Pierre Schneidermann,

© Wall-E / Pixar

Le label IA permet d'attirer 15 à 50% d'investissements supplémentaires

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IA : deux petites lettres hype, extrêmement hype, qui font frémir observateurs et investisseurs, attirent des informaticiens gagnant des fortunes, et promettent un futur meilleur, parfois terrifiant. Pourtant, ces deux petites lettres pourraient bien être surcotées. C’est du moins ce que nous dit un rapport publié par MMC Ventures, une entreprise de capital-risque anglaise qui, sur 151 pages, passe au crible l’écosystème européen gravitant plus ou moins loin des sphères de l’intelligence artificielle.

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Alors de quoi parle-t-on ? Du boom du “machine learning”, des algorithmes qui apprennent tout seuls plutôt que de suivre des règles logiques entièrement prédéfinies, et ce en brassant des milliers ou des millions de données – la fameuse data. L’IA que le grand public croise ou croisera dans la reconnaissance d’images (reconnaissance faciale, caméras des voitures autonomes ou encore analyse d’IRM) ou encore l’analyse du langage (enceintes connectées, traduction automatique), se retrouve aussi dans la recherche scientifique ou la finance.

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Page 99 du rapport, une petite phrase assassine a été repérée par Forbes :

“Nous avons analysé au cas par cas les activités et les apports de fonds de 2 830 start-up estampillées IA dans les 13 pays de l’Union européenne les plus actifs en la matière : Autriche, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Irlande, Italie, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suède et Royaume-Uni […]. Dans approximativement 60 % des cas (1 580 entreprises), nous avons trouvé des preuves de l’utilisation de technologies faisant appel à l’IA.”

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En d’autres termes, pour 40 % des start-up, il n’y a donc aucune preuve de son utilisation.

Une précision apportée à Forbes par le directeur de la recherche qui a son importance : les start-up épinglées ne revendiquent pas toutes l’utilisation de l’IA. Certaines sont rangées dans cette catégorie par des analystes tiers, comme PitchBook ou Crunchbase, propageant ainsi une idée erronée.

Ces start-up font-elles le nécessaire pour rectifier le tir ? L’interviewé penche plutôt pour le non : être estampillé IA, c’est hype, et cela attirerait, en moyenne, 15 à 50 % d’investissements supplémentaires que dans le cas d’une simple start-up non IA.

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