Étude : à l’heure de Tinder, le sexe dès le premier date expliqué en chiffres

Publié le par Louis Lepron,

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En 2015, en France, quelles sont les pratiques liées à la première rencontre ? Du sexe, de la déception et des positions, l’Ifop répond aux questions par une étude. 
Comment les premières rencontres, en France, ont évolué à l’heure des Meetic, Tinder ou Once ? L’Ifop, dans une étude réalisée pour le site CAM4.fr, a abordé le sujet de manière très scientifique, remplie de chiffres, de pourcentages, d’infos parfois croustillantes et d’analyses pour expliquer les évolutions.
Son étude se base sur un questionnaire auquel ont répondu 2001 personnes représentatifs d’une population âgée entre 16 et 69 ans en France métropolitaine. L’objectif ? Savoir si l’expression “Jamais le premier soir” était toujours aussi ancrée dans la réalité alors que des applications comme Tinder sont de plus en plus utilisées pour rencontrer son prochain, et sexe si affinité.
Bon, qu’est-ce qu’on apprend ? Réponse en 5 chiffres clés.

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44% de Français ont déjà eu un rapport sexuel avec une personne à l’occasion de leur première rencontre

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“Une Française sur trois (34%) a déjà couché avec quelqu’un dès leur première rencontre !”. Voilà ce que met en exergue, avec un beau point d’exclamation, l’Ifop.
Un chiffre en augmentation pour les Françaises mais qui est aussitôt à nuancer lorsqu’on sait qu’il existe un écart important entre les déclarations des femmes (34%) et celles des hommes (55%). Une différence expliquée notamment par le critère “fille facile”, soit l’incarnation des “réticences des femmes à admettre une pratique”. Chez les Français de moins de 25 ans, l’écart est moins important : 36% chez les femmes, 43% pour la gent masculine.

26% des utilisateurs de sites de rencontre ont déjà couché le premier soir avec quelqu’un rencontré via un site, soit, explique l’étude, “deux fois plus que ceux à qui c’est arrivé avec quelqu’un rencontré en club (13%)”

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L’Ifop note à ce propos :

Assez logiquement, la proportion de Françaises ayant déjà couché lors d’une première “date” est donc plus élevée (47%) que lors d’une première rencontre (34%) ou d’une première occasion (40%). À ce titre, il est intéressant de noter que les Françaises semblent assez peu respecter les principes de rituel de la « date » à l’américaine qui prescrit les rapports sexuels complets avant le troisième rendez-vous.

Dans ce sens, Tinder, Once ou toutes autres outils sociaux qui cassent l’ambiguité de la rencontre, sont autant d’applis qui ont fait augmenter la proportion de Françaises et de Français couchant dès le premier soir.

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20% des Français se sont déjà masturbés pour faire baisser leur niveau de tension ou d’excitation sexuelle avant un rendez-vous susceptible de déboucher sur un rapport sexuel

Oui, une partie des Français se masturbent avant un rendez-vous débouchant probablement sur une relation sexuelle. L’Ifop évoque alors une expression, aka “The safety wank”, une pratique soi-disant “popularisée par Ben Stiller dans le film Mary à tout prix”.

Selon l’Ifop, en moyenne, 30% des Français s’adonnent à cette pratique. Dans le détail, 51% des hommes de moins de 25 ans, 61% des hommes en cours d’étude. Les justifications sont les “risques d’éjaculation précoce” ou tout simplement “pour faire baisser leur niveau de tension ou d’excitation sexuelle”.  Une femme sur dix (11%) admet l’avoir fait au moins une fois.
En revanche, les femmes s’attachent plus que les hommes à une préparation corporelle et vestimentaire : l’entretien de la pilosité trace un fossé entre les femmes (36%) et les hommes (12%) avec, plus précisément, les jambes pour les femmes (45%) et les barbes pour les hommes (35%). Aussi, “l’après-sexe” traduit une autre différence entre les genres : Plus de femmes (44%) que d’hommes (29%) préfèrent dormir seules après un 1er rapport sexuel”. Aie.

59% des Français “ont déjà léché ou sucé le sexe de leur partenaire au cours d’un 1er rapport, contre seulement un quart d’entre eux (25%) qui ont déjà pratiqué la sodomie à cette occasion”

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Selon les données de l’Ifop, “45% des Françaises ont déjà sucé le sexe de leur partenaire le premier soir”. Lorsqu’on rentre dans les détails en ce qui concerne ces “caresses buccogénitales”, une majorité d’hommes s’y adonne (71%) tandis que les femmes sont 44%.
Pour expliquer ce chiffre, l’Ifop précise :

Nombre [de femmes, ndlr] ne semblent pas la pratiquer lors d’un premier rapport, sans doute à cause des représentations qui y sont associées ou de la signification qu’elle peut avoir à leurs yeux en termes d’investissement affectif. Percevant sans doute aussi l’éjaculation buccale comme une plus grande forme d’engagement à l’égard de leur partenaire, les femmes sont beaucoup moins nombreuses (14%) à avoir déjà avalé son sperme le premier soir.

Au-delà de la fellation, l’étude a aussi rapporté, en ce qui concerne les femmes, des pratiques issues de la culture porn, mises en pratique dès le premier soir comme l’éjaculation faciale (8%) ou la “biffle” (7%). Enfin, quand on check les positions les plus utilisées lors du premier soir, la position dite du missionnaire est en tête (82%) tandis que la levrette est loin derrière (52%), “sans doute parce que l’image de la soumission de la femme qu’elle renvoie peut être gênante à ce stade de la relation”.
La sodomie, très minoritaire (14%) est expliquée selon l’étude par cette très belle phrase à base de grandes aventures :

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La sodomie reste encore une pratique occasionnelle lors d’un premier soir pour la gent féminine (14%), ce qui confirme l’idée selon laquelle l’exploration du versant anal de leur sexualité se fait dans les phases ultérieures de leur vie du couple.

Passons maintenant à ce qu’il se passe après le rapport sexuel lors d’une première rencontre.

45 : le pourcentage de femmes qui ont été déçues lors de leur premier rapport avec leur dernier partenaire rencontré via internet, alors qu’elles ne sont que 30% en général à l’être lors d’un premier ébat

“Choquet et déçu” aurait avoué Julien. Hé oui : 45% des femmes se disent déçues après avoir couché avec un partenaire “rencontré sur le web” annonce l’Ifop, soit une moyenne bien plus élevée observée avec un partenaire classique (30%). Chez les mecs, aucun problème : que ce soit Internet (75%) ou un rapport en général (78%), c’est presque pareil.
L’Ifop a une explication pour les femmes : le temps du date est trop court pour pouvoir instaurer un climat de confiance. La communication diminuée, le flirt terminé en quelques heures, on assiste à une préparation baclée qui ne permet pas un véritable épanouissement de la gent féminine.

Conclusion : du sexe, plus vite, plus rapide

Nous ne sommes plus dans les années 70, lorsque la première relation sexuelle se réalisait, en moyenne, 14 mois après la première rencontre. Pour l’Ifop, deux critères sont à prendre en compte pour expliquer cette libéralisation sexuelle à l’aune de la démocratisation des applis et des sites de rencontre :

Ce phénomène tient aux caractéristiques mêmes des rencontres en ligne qui se distinguent à la fois par un manque d’ambiguïté autour des intentions des partenaires mais aussi et surtout par un moindre contrôle social de l’entourage sur les comportements sexuels des individus et notamment des femmes : les contacts y étant noués à l’extérieur et à l’insu de leurs cercles d’amis.

En quelques années, les site de rencontre sont devenu le lieu d’échange le plus favorable pour coucher (26%), plus fort qu’une boite (13%), qu’un bar (8%), qu’un bal public (8%) et qu’un mariage (3%). Bilan : oui, Tinder, Once ou Meetic ont contribué à faciliter les relations sexuelles, en majorité frustrante pour les femmes.
Contrepoint de cette tendance, l’augmentation des MST. En mai 2015, le département de Santé de Rhole Island identifiait clairement le lien entre MST et applis de rencontres :

Les comportements à haut risque incluent autant le recours aux applications sociales qui permettent d’arranger des relations sexuelles entre des personnes souvent anonymes, avoir des relations sexuelles non protégées, multiplier les partenaires sexuels et avoir des relations sexuelles sous l’influence de drogues ou d’abus d’alcool.