Au lendemain des élections régionales, un sondage fait savoir que une grande majorité de la jeunesse a voté contre le Front National.
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Le 7 décembre, au lendemain du premier tour des élections régionales, Konbini titrait, à regret, « La jeunesse n’emmerde plus la Front National ». Et pour cause, l’hymne iconique des Bérurier Noir était « trahi » par des statistiques : 35% des jeunes de 18-24 ans qui avaient pris le chemin des urnes avaient voté pour le Front National, tandis que 70% de cette même population avait refusé de se déplacer.
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Ce dimanche 13 décembre, une partie de la jeunesse a décidé de se lever comme un seul homme face au parti d’extrême-droite. Selon une enquête Harris Interactive réalisée pour 20 minutes et basée sur un échantillon de 730 personnes, 78% des électeurs de 18 à 30 ans ont indiqué être allés voter pour empêcher le Front National d’accéder aux responsabilités régionales, soit « six points de plus que le reste des électeurs français ».
Selon un sondage OpinionWay pour Le Point, le vote des 18-24 ans s’est établi de cette manière : 38% ont voté à droite, 32% pour le Parti socialiste et 29% pour le Front National.
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Un sursaut à nuancer
Pour autant, ce sursaut citoyen est à nuancer : voter contre le Front National ne signifie pas une allégeance soudaine aux partis présents au second tour, le Parti socialiste et Les Républicains en tête. Cité par 20 minutes, le directeur du département « Politique et Opinion » d’Harris Interactive Jean- Daniel Lévy s’explique :
Pour ceux qui sont allés aux urnes, l’argument de voter contre le FN est important, car il n’y a pas eu, parmi ces jeunes électeurs, d’appétence particulière pour la droite et la gauche.
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Si cette participation a empêché que le Front National n’obtienne de régions ce dimanche 13 décembre, penser que le parti n’est pas attractif aux yeux d’une partie de la jeunesse serait illusoire. « Il ne faudrait pas que l’arbre cache la forêt. Le Front national n’a pas gagné de région au second tour, mais il existe une réelle attractivité pour ce parti, notamment parmi les jeunes » précise Jean-Daniel Lévy. Aussi, les jeunes qui votent pour le Front National sont plus convaincus par le programme du parti que le reste de la population (56% contre 51).
Au niveau national, si le FN n’a gagné aucune région, se réjouir serait un raccourci : le parti d’extrême-droite a, hier, battu son record en termes de votes glanés (6,8 millions de voix contre 6,42 millions en 2012 lors du premier tour de la présidentielle); il arrive en tête de huit départements au second tour; en cinq ans, il a « triplé », selon Marine Le Pen, son nombre de sièges de conseillers régionaux (358), s’imposant comme la troisième force politique du pays.
Virginie Martin, professeur de sciences politiques et de sociologie à Kedge Business School, nuance ainsi la défaite du Front National en une phrase :
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Si le cordon sanitaire du front républicain a fonctionné pour ce second tour, le FN a progressé sur l’ensemble du territoire et parmi plusieurs catégories de populations.
