Ce vendredi 27 avril, Mediapart révélait comment Emmanuel Macron, alors candidat en campagne pour l’élection présidentielle, a bénéficié d’importantes ristournes. Après avoir épluché une note de la Commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques (CNCCFP), le site a exhumé d’étonnants et d’importants rabais.
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Les remises vont parfois jusqu’à -30 %, voire -50 %. La location d’une salle à la Maison de la Mutualité pour le meeting parisien du 12 juillet 2016, qui aurait dû coûter 14 129 euros, a même été totalement offerte. Une autre réunion publique, celle du 10 décembre 2016 à la porte de Versailles, attire l’attention puisque son prix a été « raboté de 9 000 euros ». Ces curieux « cadeaux » proviennent tous de l’entreprise spécialisée dans l’événementiel GL Events, dont le PDG, Olivier Ginon, est un bon ami du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.
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D’un côté, on parle d’une élection « faussée »…
Mélenchon sur les meetings de Macron: "Ça a faussé l’élection" pic.twitter.com/r1hxQ4tTAH
— BFMTV (@BFMTV) 2 mai 2018
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Pour Jean-Luc Mélenchon, ces meetings à très bas coût ont « faussé l’élection », empêchant tous les candidats d’être sur un pied d’égalité. Selon lui, Emmanuel Macron aurait sous-évalué ses dépenses pour ne pas se retrouver dans la même situation que Nicolas Sarkozy :
« Mon soupçon est qu’Emmanuel Macron a eu peur de dépasser les plafonds de dépenses autorisés et a rogné sur tout. Sinon c’était Bygmalion bis. Pourquoi est-il le seul à avoir eu des ristournes ? Ça s’apparente à un don d’une entreprise. »
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L’information selon laquelle SFR aurait passé 6 millions d’appels pour le compte d’Emmanuel Macron dans le but de démarcher des électeurs circule également. Ce qui aurait coûté 1,5 million d’euros. Le leader de La France insoumise s’interroge à ce sujet, sous-entendant un accord avec le patron de l’opérateur télécoms, Patrick Drahi. De son côté, Florian Philippot avait immédiatement vu une occasion de pointer du doigt les liens entre Drahi et Macron durant la campagne :
SFR ?... Tiens donc. #Drahi https://t.co/shQmzKtkq6
— Florian Philippot (@f_philippot) 20 avril 2017
Le trésorier du Parti socialiste, Jean-François Debat, va jusqu’à évoquer l’inéligibilité de l’actuel président, qualifiant ce « geste commercial » d’« illégal » :
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On rappelle que tout « geste commercial » d’une entreprise a un candidat est totalement illégal et entraîne l’inéligibilité du candidat. C’est juste la loi. Inconcevable excuse de GLEvents et du staff #Macron. Et quid du contrôle des comptes de campagne? #TresVieuxMonde https://t.co/MYUv5Xz2bU
— Jean-François Debat (@JFDebat) 28 avril 2018
… de l’autre, on nie en bloc
GL Events a pour sa part publié un communiqué dans lequel elle « dénonce » les accusations et assure que toutes ces prestations se sont faites « dans le strict cadre de relations commerciales habituelles ». Pour justifier de tels rabais, la société parle d’une « remise usuelle en période estivale à Paris » et la dit parfaitement « conforme ». Selon l’entreprise d’événementiel, Mediapart a omis des faits en ne mentionnant « que les remises faites sur la location d’espaces, en oubliant la globalité des dépenses de cet événement et les conditions de son organisation ».
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Pour sa part, La République en marche assure que la CNCCFP a validé les comptes de campagne et soutient que leur tenue a été « la plus rigoureuse de tous les candidats ». Le parti ajoute qu’en raison du piratage dont il a été victime, « l’intégralité des documents de l’ordinateur du trésorier de la campagne, y compris des documents qui n’étaient même pas demandés par la CNCFFP » avaient été mis en ligne à la vue de tous. Enfin, estimant s’être suffisamment justifié, le parti renvoie à la Commission pour toute question supplémentaire.
Contactée par téléphone, cette dernière n’a pas souhaité faire de commentaires pour l’instant. Interrogée au sujet de possibles irrégularités, elle ne confirme ni n’infirme le fait qu’il y en ait eues et s’exprimera ultérieurement. Quoi qu’il en soit, comme l’explique le Huffington Post, des suites judiciaires sont dans l’immédiat peu probables, puisque le chef d’État bénéficie d’une immunité présidentielle.
