Une nouvelle carte en 3D de l’Univers regroupe un million de galaxies

Publié le par Thibault Prévost,

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L’image que vous voyez au-dessus de ce texte est l’infime partie de la plus grande carte de l’Univers jamais réalisée. Entière, celle-ci parcourt 650 milliard d’années-lumières cubes d’espace (soit environ un quart de l’Univers connu), contient 1,2 million de galaxies, et le tout en trois dimensions, s’il vous plaît.

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Sur la carte, chaque point représente une galaxie, les jaunes étant les plus proches et les violettes les plus lointaines. Cette carte, on la doit aux équipes du Baryon Oscillation Spectroscopic Survey, plus élégamment appelé Boss. Ce programme recense les galaxies connues en se basant sur les ondes sonores résiduelles du Big Bang, que l’on appelle également le rayonnement fossile ou le fond diffus cosmologique.

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Plus simplement, il s’agit du premier cri de l’Univers au moment de sa naissance, qui continue encore aujourd’hui de nous parvenir, et que vous voyez et entendez à chaque fois que vous tripotez une radio analogique ou une vieille télé – la “neige”, c’est (en partie) un résidu du Big Bang. En traversant l’espace, ces ondes se “cognent” aux galaxies qu’elles rencontrent, et offrent donc un formidable moyen de déterminer la position et la distance de celles-ci, par rapport à la Terre. En cela, la carte des équipes de BOSS est bien plus qu’un fond d’écran de dingue : elle offre l’une des mesures les plus précises du rythme actuel d’expansion de l’univers et corrobore, en partie, les théories à l’origine de cette expansion.

Depuis les mesures d’Edwin Hubble, en 1929, on sait que l’Univers s’étend, contrairement à ce qu’avait loupé Albert Einstein. Depuis 1998, on sait qu’il s’étend à un rythme exponentiel, mais on ne sait, en revanche, toujours pas pourquoi. Pour la communauté scientifique, la théorie dominante veut que l’univers soit bourré d’énergie noire.

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Cette énergie, bien qu’on ne sache pas à quoi elle ressemble, ferait office de contrepoids à la gravité pour éviter que toute la matière ne se jette sur elle-même en permanence. Sauf qu’au lieu de maintenir un rapport de force égal et un univers stable, l’énergie noire écarterait les murs de l’Univers en permanence, parce qu’on est jamais trop prudent. Pour certains scientifiques, cette phase d’expansion est infinie ; pour d’autres, l’univers finira par s’immobiliser ; et pour d’autres encore, elle est cyclique et préfigure le “Big Crunch”, la phase de rétrécissement de l’Univers, terreur des futurs astronomes claustrophobes.

En étudiant les données du Boss regroupées sur sa carte, les chercheurs ont pu déterminer que le positionnement des galaxies dans l’Univers actuel était presque parfaitement en phase avec la théorie d’une constante cosmologique, le nom proposé par Albert Einstein (qui n’est jamais complètement à côté de la plaque, quand même) pour cette énergie mystérieuse qui maintient la structure de l’Univers… et de son infinité de planètes. Grâce à ces mesures, on pourra peut-être enfin comprendre comment fonctionne le mécanisme.