Vidéo : découvrez le kéa, l’extravagant perroquet élu oiseau de l’année en Nouvelle-Zélande

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Vous aimez le kiwi ? Vous adorerez le kéa !

Quand on parle des oiseaux emblématiques de la Nouvelle-Zélande, on pense souvent au kiwi, ce petit oiseau nocturne en forme de boule et au long bec qui a la particularité, cocasse pour un oiseau, de ne pas voler. Fier de sa faune si singulière, le pays du kiwi lance chaque année un concours pour élire son "oiseau de l’année" afin de populariser d’autres espèces tout aussi sympathiques.

Un record de 50 000 votants a été enregistré pour cette édition 2017 qui a donc élu le kéa comme heureux vainqueur fin octobre. Le kéa est un perroquet montagnard qui peuple l’île du Sud de la Nouvelle-Zélande et le seul de cette espèce à avoir élu domicile dans les montagnes. Il mesure environ 48 centimètres de long et pèse entre 800 grammes et un kilo. Son plumage est de couleur vert olive, le dessous de ses ailes orange, et son bec particulièrement écharpé.

Un oiseau intelligent et très curieux

Espèce protégée sur l’ensemble du territoire néo-zélandais depuis 1986, le kéa est réputé être un oiseau intelligent et curieux. Sociable, il n’hésite pas à aller à la rencontre des humains dans les parcs nationaux. Sa faculté à s’immiscer et à fouiller partout grâce à son puissant bec l’a amené à se faire surnommer le "clown des montagnes".

Un patronyme affectueux mais non moins révélateur, puisque le kéa peut tout détricoter sur son passage : du caoutchouc des portières de voitures aux lacets des chaussures, jusqu’à embarquer sans vergogne des objets de petite taille. On raconte même qu’un jour, un malheureux touriste s’est ainsi fait déposséder de son passeport.

Un animal à la fois pénible pour les résidents et objet de curiosité pour les touristes mais dont le caractère qui ne laisse pas indifférent lui a fait remporter la médaille.

© Pixabay

Une espèce menacée

Plus qu’un simple concours "mignon", cette compétition organisée par le Forest & Bird, un organisme de préservation de la faune et la flore forestières, vise à sensibiliser le public aux menaces qui pèsent sur ces espèces endémiques et fragiles.

Le kéa, malgré sa force de caractère est en déclin. On estime en effet qu’il ne resterait qu’entre 3 000 et 7 000 spécimens à l’état sauvage. Ils sont par conséquent classés sur la liste des espèces nationales en danger d’extinction. Et ce en raison de multiples facteurs : ils sont victimes de mammifères introduits par l’homme comme les chats, mais aussi de prédateurs comme les rats qui mangent leurs œufs, ou encore du changement climatique qui les perturbe, sans parler de l’ingestion de nourriture inappropriée due à leur tempérament fouineur…

"Tout le monde doit avoir conscience de la vulnérabilité des kéas à l’état sauvage. On en entend souvent parler parce qu’ils se baladent dans les parkings, sont insolents et volent des objets, mais nous ne réalisons pas à quel point ils sont en déclin. Vous ne pouvez pas ne pas les aimer", résume Laura Young, membre de l’équipe de conservation qui a mené la campagne "pro-kéa" citée par le New Zealand Herald.

Au-delà d’alerter sur le sort des kéas, le concours "Oiseau de l’année" vise aussi à récolter des fonds pour protéger les espèces. Cette année, plus de 10 000 dollars néo-zélandais (5 897 euros) auront été récoltés pour l’organisme Forest & Bird afin de préserver la nature.