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Face aux pénuries, des Vénézuéliens se seraient mis à tuer les animaux d’un zoo pour les manger

En pleine tourmente économique, politique et sociale, le Venezuela sombre chaque jour un peu plus dans la crise. De là à tuer les animaux d’un zoo pour les manger ? C’est en tout cas ce qu’affirment les autorités.

Un pauvre tapir comme celui-ci ferait partie des victimes de cette nouvelle forme de braconnage. (© Tracy Gill/Flickr/CC)

C’est une bien étrange information, qui a été relayée cet été par plusieurs agences de presse et médias sérieux, de Reuters au Parisien en passant par France Info : au Venezuela, un pays frappé de plein fouet par une violente crise économique, sociale et politique, des animaux auraient été dérobés d’un zoo pour être mangés. Selon les autorités, les vols d’animaux ne seraient donc pas dus au braconnage ou au trafic illégal mais… à la faim. Cette information est difficile à confirmer, mais elle pourrait bien illustrer la gravité de la situation dans laquelle se trouve le pays, et la détresse à laquelle font face ses habitants.

Un buffle, un tapir, deux pécaris (petits sangliers), des chèvres, des lapins, des paons bleus, des perroquets tropicaux ou encore des pintades : une quarantaine de mammifères et d’oiseaux – dont plusieurs espèces menacées – ont été volés, tués ou découpés sur place, au parc zoologique de Maracaibo (dans l’ouest du pays), depuis juin. "Nous pensons qu’ils ont été volés avec l’intention d’être mangés", affirme à l’agence Reuters Luis Morales, un officier de la police locale.

 

Une hypothèse appuyée par Esmeralda Mujica, présidente de l’Association des parcs zoologiques et aquatiques, qui explique ces vols par "l’instinct de survie d’un groupe social qui voit dans les zoos une opportunité pour trouver de la protéine animale", rapporte France Info. Cependant, le directeur du zoo, Leonardo Nunez, ne croit pas à la thèse de la crise économique et penche plutôt du côté des trafiquants de drogue, qui chercheraient donc à diversifier leurs activités : "[Les narcotrafiquants] prennent tout ici ! Les animaux n’ont pas été volés pour être mangés", dénonce-t-il.

Ce qui est sûr, c’est que l’inflation causée par la crise – qui devrait atteindre cette année 720 % au Venezuela – prive une large frange de la population d’un accès à des denrées de base, et affame chaque jour un peu plus des millions de personnes. Hormis cette affaire, plus de 50 animaux sont morts au zoo de Caracas en 2016 car l’établissement n’avait plus les moyens de les nourrir. Si l’affaire de Maracaibo s’avérait exacte, elle ferait suite à un sinistre épisode de l’histoire de France : lors du siège de Paris par les Prussiens en 1870, les habitants s’en étaient pris aux animaux du Jardin des plantes.