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Universal publicités

Universal a trouvé comment rendre les placements de produit éternels

Universal Music signe un partenariat avec la startup MirriAd, boîte de post-production chargée de changer les placements de produit dans les clips, à l'envi. La major compte donc pouvoir monétiser rétroactivement son catalogue de clips.

Universal veut pouvoir changer les placements de produit de ses clips, comme l'encart pub "Grand Marnier" sur ce taxi, tiré d'un clip vidéo de son répertoire (Capture d'écran MirriAd)

Universal veut pouvoir changer les placements de produit de ses clips, comme l'encart pub "Grand Marnier" sur ce taxi, tiré d'un clip vidéo de son répertoire (Capture d'écran MirriAd)

Vous n'êtes pas persuadé des liens inextricables qui attachent l'industrie musicale et la publicité ? Attention, vous êtes dans un dangereux déni de la réalité. Des centaines d'années avant Jay-Z et Samsung ou U2 et Apple, des deals financiers étaient déjà signés entre artistes et enseignes.

"Nous avons retrouvé des documents attestant que Chopin était lié à la marque de pianos Pleyel, comme une sorte d'ambassadeur, et en faisait la promotion lors de ses sorties publiques", expliquait cet été Eric de Visscher, patron du musée de la Cité de la Musique, dans le numéro 9 du magazine Usbek & Rica.

La pub rétroactive

Mais comment faire avec Internet ? Comment rendre rentable dans le temps un encart pub affiché dans un clip si le produit n'existe plus ? Universal a trouvé la parade : pas besoin de tourner à nouveau un clip, il suffit de passer un coup de pinceau en post-production aux clips de son catalogue, grâce à un partenariat passé avec la startup MirriAd.

C'est le Britannique The Independent qui révèle l'information, en précisant que la major allait expérimenter cela avec un clip d'Avicii – au passage pas exactement ce qu'Universal a de plus vieux, comme le note Numerama. En jeu : placer un encart Grand Marnier là où il y avait auparavant une pub Heineken. Hop. Magie. Et en fait c'est hyper flippant.

Dans la vidéo ci-dessous, vous remarquerez que ce ne sont pas seulement les clips qui sont ciblés. On peut croiser une émission de télé-réalité, une série (Hannibal) et des publicités traditionnelles.

Avec 8,25 milliards de dollars (environ 6,54 milliards d'euros) en 2012, le placement de produit, ou placement de marque, est vu par les publicitaires comme une alternative nouvelle à la pub classique. Notamment auprès de cibles tentées de les ignorer ou de les zapper, comme les plus jeunes. MirriAd le sait si bien que son slogan est le suivant : "Advertising for the Skip generation", c'est-à-dire à peu près "Des publicités pour la génération qui les saute".

Artiste = marque

Après le test Avicii, Universal continuera d'éditer des clips de son répertoire, à condition que les deals avec les artistes et les réalisateurs le permettent, comme le rappelle Guillaume Champeau de Numerama. Mais peut-on encore parler d'art avec l'introduction d'une telle dose de cynisme publicitaire dans les vidéos des musiciens ? Lucian Grainge, PDG d'Universal Music Groupe, "assure que les intérêts des artistes et des marques sont alignés".

Le clip labellisé par les majors se dessine un curieux avenir. Un avenir où ce format ne sera bientôt plus qu'une vaste publicité géante, comme "Telephone" de Lady Gaga où on peut spotter pas moins d'une dizaine de marques en tout (et qui a été visualisé au moins 207 millions de fois). Sauf qu'en plus, quelques années après, voire quelques mois, ou carrément voire quelques semaines, ces marques insérées dans les clips changeront à l'envie.

Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.