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Aux États-Unis, un projet de loi veut protéger les mannequins contre le harcèlement sexuel

En pleine affaire Weinstein, une députée de l’État de New York propose un texte de loi pour lutter contre l’un des pires fléaux du monde de la mode.

À Paris, lors de la Fashion Week de septembre. (© Catwalking/Getty Images)

Depuis que l’affaire Weinstein a éclaté, les paroles se libèrent en ce qui concerne le harcèlement, les agressions sexuelles et les viols dont les femmes ont été/sont victimes – aussi bien dans leur vie personnelle que dans leur vie professionnelle. Actrices, journalistes, assistantes et mannequins… la liste des victimes de Weinstein et de ses semblables s’allonge de jour en jour.

Pendant ce temps, les hashtags #metoo et #balancetonporc – qui invitent les femmes à sortir de leur silence en dénonçant les harcèlements et agressions dont elles ont déjà été victimes –, ne cessent d’être relayés sur les réseaux sociaux.

Il y a deux semaines, la top model Cameron Russell incitait vivement les mannequins à témoigner contre les harcèlements et abus sexuels qu’elles subissent régulièrement dans leur profession. Via son compte Instagram, elle s’est mise à recueillir de nombreux témoignages de ses consœurs, qu’elle republie ensuite anonymement. Et il semblerait que son initiative ait eu des répercussions au-delà de la sphère de la mode.

Rendre les agences responsables

Le 23 octobre, Nily Rozic, une élue démocrate de l’assemblée de l’État de New York (où se tient l'une des plus grandes Fashion Weeks), a présenté le "Models' Harassment Protection Act", conçu en collaboration avec le groupe de défense Model Alliance. Celui-ci vise notamment à lutter contre le harcèlement sexuel, beaucoup trop fréquent dans le milieu du mannequinat.

Qu’ils soient photographes, créateurs, ou encore employés d’agences, nombreux sont ceux qui profitent de leur pouvoir pour exercer une grosse pression sur les mannequins, souvent encore mineures. Nily Rozic compte également protéger les modèles contre toutes les autres formes de harcèlement (celles portant sur l’âge, les origines, l’orientation sexuelle, etc.).

L’objectif de cette loi est de rendre les agences de mannequinat responsables de la protection de leurs modèles. À l’heure actuelle, ces dernières sont considérées comme des travailleuses indépendantes et ne sont donc pas protégées contre le harcèlement et la discrimination qu’elles subissent – alors que légalement tous les employés d’une entreprise le sont. Les agences de mannequinat peuvent ainsi esquiver toute responsabilité en se présentant comme des simples "sociétés de gestion".

Comme le souligne Racked, les mannequins sont souvent obligées de défendre elles-mêmes leurs droits lorsqu’elles sont contraintes de poser à demi-nu (voire intégralement), alors qu’elles avaient un contrat stipulant une clause de non-nudité. Récemment, Sara Sampaio, l’une des mannequins phares de Victoria’s Secret, a partagé sur Instagram un post où elle annonçait poursuivre en justice le magazine masculin Lui pour avoir violé la clause de non-nudité spécifiée dans son contrat.

En attendant, espérons que cette loi soit adoptée et qu’elle en inspire d’autres.