Ce n’est pas la première fois que pour se faire entendre, des ouvriers textiles cachent des messages sur des étiquettes de vêtements. Cette fois-ci, c’est Zara qui est pointé du doigt.

(© Marcos del Mazo/LightRocket via Getty Images)

En 2013, le Rana Plaza, un immeuble d’ateliers de confection textile de grandes multinationales de mode, s’effondrait près de Dacca, au Bangladesh. Une tragédie qui s’est avérée être l’un des pires accidents du travail de tous les temps. Celui-ci provoqua le décès de 1 135 personnes, et fit plus de 2 500 blessés.

Depuis, si les initiatives pour inciter les consommateurs à acheter une mode plus éthique se multiplient, cela reste toujours très complexe de veiller aux conditions de travail des ouvriers. En témoigne la récente explosion d’une usine de textile en juillet dernier, qui provoqua la mort d’une dizaine de personnes, toujours à Dacca.

Si l’industrie de la mode tend vers une mode plus responsable, il semblerait qu’il y ait encore beaucoup de progrès à faire. Effectivement, ce 3 novembre, à Istanbul, des acheteurs ont retrouvé des messages de détresse des travailleurs turcs sur les étiquettes des vêtements Zara. Selon Associated Press, ces mystérieux messages déclaraient :

"J’ai fait ce produit que vous allez acheter, mais je n’ai pas été payé pour."

Associated Press ajoute que les travailleurs étaient employés par une usine externalisée de Zara, et que, pour parvenir à écrire les fameux messages sur lesdites étiquettes, ils sont venus directement en boutique. Ces messages indiquent que les ouvriers travaillaient pour le fabricant Bravo, qui a fermé son entreprise du jour au lendemain. La campagne explique que Bravo leur doit au moins trois mois de salaire, ainsi qu’une indemnité de départ.

Des appels au secours qui ne cessent de se multiplier

Ce n’est pas la première fois que quelque chose comme cela arrive. En 2011 et 2014, Primark, la célèbre marque de textile irlandaise, était accusée de malmener ses travailleurs à l’étranger. Des messages tels que : "forcé à travailler d’épuisantes heures" ou encore "conditions dégradantes, main-d’œuvre exploitée", avaient été cousus à la main sur les étiquettes des vêtements Primark.

Cet énième appel au secours ne fait que souligner (une nouvelle fois) les traitements inhumains que subissent ces ouvriers. Cela changera-t-il une bonne fois pour toutes les conditions invivables dans lesquelles les ouvriers textiles travaillent ? On l’espère sincèrement.

En attendant, on vous invite à visionner le documentaire Machines, qui vous emmène dans les coulisses de la fast fashion et vous dévoile tout l’envers du décor.

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