"T’as joui ?", le compte Instagram qui veut briser le tabou de l’orgasme féminin

Sur une idée de la journaliste Dora Moutot, le compte Instagram @Tasjoui veut libérer la parole des femmes pour en finir avec "les monologues du clito".

Ses 18 000 abonnés au compteur en seulement 7 jours le prouvent : la journaliste Dora Moutot a mis le doigt sur un véritable problème de société. Son compte Instagram @Tasjoui est né à la suite de vifs échanges avec un jeune homme qui réagissait à l’une des stories de son compte perso, en affirmant qu’une femme ne peut avoir d’orgasme que si elle est amoureuse.

Révoltée par de tels propos, la journaliste a partagé sa colère sur le réseau social. S’en sont suivies des centaines de témoignages – de femmes pour beaucoup – sur l’absence quasi totale d’orgasme féminin lors de leurs rapports sexuels. Un constat pas si étonnant quand on pense à toutes celles, jusqu’à nos propres amies, qui ont déjà avoué avoir "encore simulé" pour "faire plaisir" à leur partenaire, ou qui se sont entendues répondre après un rapport sans orgasme pour elles : "Ça ne m’arrive jamais, habituellement, je les fais toutes jouir."

Instaurer un dialogue entre les hommes et les femmes

Face à ce flot de témoignages, la journaliste a eu l’idée de créer ce compte Instagram pour relayer des interviews, des illustrations, des memes, des tweets ainsi que de nombreux témoignages sur ce sujet. Ceux-ci révèlent d’ailleurs une quasi inexistence des préliminaires ou encore une insatisfaction presque générale après un rapport sexuel. Après avoir découvert ce compte, de nombreuses femmes ont aussi avoué avoir compris que le problème ne venait pas d’elles, mais de notre société qui véhicule l’idée que l’orgasme féminin ne serait qu’un mythe, trop lié aux sentiments ou tout simplement "trop compliqué à avoir".

Si la masturbation et l’orgasme féminin sont encore aujourd’hui un réel tabou, avec ce compte, la journaliste espère bien réussir à démystifier ce qui devrait pourtant être naturel et amorcer une véritable libération de la parole et de la jouissance féminines. Seulement, pour que cette libération puisse avoir lieu, la journaliste estime qu’une prise de conscience de la part de la gent masculine est nécessaire. L’idée n’est pas de les accabler mais d’instaurer un réel dialogue avec les femmes, pour enfin "en finir avec les monologues du clito".