SpaceX vient de vendre son premier billet pour un voyage autour de la Lune

Mais cela ne devrait pas avoir lieu avant 2020.

Spaceman, le mannequin envoyé dans l’Espace en février dernier à bord du Falcon Heavy. (© SpaceX)

Une demi-surprise

C’est une mauvaise nouvelle pour le Club Med : le tourisme du futur, hors planète Terre, est sur le seuil de la porte. Enfin presque. L’entreprise versée dans l’aérospatial d’Elon Musk, SpaceX, vient d’annoncer sur Twitter qu’un premier passager s’était enregistré pour un voyage autour de la Lune.

"SpaceX a officiellement enregistré le tout premier particulier au monde pour un voyage autour de la Lune à bord de notre BFR. Il s’agit d’une avancée significative pour rendre accessibles les voyages spatiaux à ceux qui en rêvent. Nous vous dévoilerons le 17 septembre qui sera ce passager et les raisons de son voyage."

Pour tous ceux qui suivent attentivement l’actualité musko-spatiale, l’annonce, hors timing, n’est pas une surprise. Il y a un peu plus de deux ans et demi, le patron de SpaceX avait annoncé que deux particuliers pourraient entamer leur voyage lunaire au second trimestre 2018. Deadline expirée, donc, et qui avait même expiré une première fois quand, en 2011, Musk avait annoncé la première embarquée touristique dans les deux-trois années à venir. Quant au BFR cité dans le tweet, l’engin ne devrait pas être viable avant 2020. Mais au fait…

… WTF is BFR ?

Concernant le BFR (le "Big Falcon Rocket" ou "Big Fucking Rocket", les exégèses divergent), Elon Musk l’avait dévoilé il y a un an, en Australie, au Congrès mondial d’astronautique. L’engin, sur le papier, était plutôt fat : fusée 100 % réutilisable donc low-cost, le BFR, composé de 31 moteurs, a pour noble ambition de balayer ses prédécesseurs chez SpaceX : le Falcon 9, le Falcon Heavy (lancé pour la première fois et avec succès en février dernier) et la capsule Dragon.

Outre ses attributions classiques de fusée (convoi de marchandises, d’humains et lancement de satellites), le BFR sera également destiné aux colonisations lunaires et martiennes mais également aux voyages intraterrestres pour rallier, selon Musk, n’importe quelle ville en moins d’une heure.

How much ?

Concernant la question brûlant toutes les lèvres, celle du coût de cette croisière de rêve, aucun tarif officiel n’a encore été annoncé par Musk. La majeure partie du prix passera dans le carburant. Il faudra ensuite rentabiliser le prix de construction, d’entretien, l’entraînement des cosmonautes en herbe et les frais de lancement pour ne citer qu’eux.

The Verge avait essayé d’y voir un peu plus clair en février dernier. Un montant indicatif, pour ce voyage de plusieurs centaines de milliers de kilomètres, était ressorti : 175 millions de dollars, futur montant pratiqué en 2020 par Space Adventures, une entreprise privée qui ambitionne, elle aussi, d’envoyer des humains autour de la Lune d’ici 2020. Ceci dit, Space Adventures collabore avec Roscomos, l’agence spatiale russe. Et Roscomos ne dispose pas encore de fusées réutilisables. Ce qui, en toute logique, change beaucoup de choses.

Gageons que même JPP n’a pas la réponse. (© TF1)

Observateur tech perplexe