Selon l’ONU, la bataille pour le climat est presque perdue

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Une nouvelle étude de l’ONU exhorte les gouvernements et les acteurs non-étatiques à faire preuve d’ambitions afin de garantir que les objectifs de l’Accord de Paris puissent encore être atteints.

"Un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, nous nous retrouvons dans une situation où les efforts sont encore insuffisants pour éviter un avenir misérable à des centaines de millions de personnes", s’insurge Érik Solheim, le patron de l’ONU environnement.

Or, des solutions existent et l’ONU pointe du doigt un manque d’engagement des gouvernements et des acteurs non-étatiques. De quoi secouer un peu les pays qui se réuniront à nouveau du 6 au 17 novembre prochains à Bonn à l’occasion de la COP23.

Un scénario à +3 degrés

Dans la huitième édition de son rapport annuel sur l’écart entre les besoins et les perspectives en matière de réduction des émissions, l’ONU révèle que les engagements pris lors de la COP21 au niveau des États ne représentent qu’un tiers des réductions d’émissions nécessaires à l’horizon 2030. De leur côté, les mesures prises par le secteur privé ne se multiplient pas à un rythme qui permettrait de combler cet écart inquiétant.

Dans l’état actuel des choses, le rapport table ainsi sur une augmentation des températures d’au moins 3 degrés à l’horizon 2100. Ce, alors que l’Accord de Paris vise à limiter le réchauffement climatique en deçà des 2 degrés, voire 1,5 degré. La situation serait pire encore si les États-Unis en venaient à se retirer véritablement de l’Accord sur le climat en 2020 comme le souhaite Donald Trump.

Investir dans les technologies vertes

"C’est inacceptable", poursuit Érik Solheim. "Si nous investissons dans les technologies adéquates en nous assurant que le secteur privé soit impliqué, il est possible de respecter la promesse que nous avons faite à nos enfants de protéger leur avenir. Il faut que nous nous y attelions dès maintenant."

Le rapport détaille différentes façons de lutter contre la pollution, entre leadership politique et investissements massifs pour le développement durable dans le domaine de l’agriculture, du bâtiment, de l’énergie, de la foresterie, de l’industrie et du transport. Un potentiel qui provient principalement de l’investissement dans l’énergie solaire et éolienne, des appareils électroménagers efficaces, de l’automobile, du boisement et de l’arrêt de la déforestation.

Si l’industrie se concentrait uniquement sur ces actions – aux coûts faibles voire négatifs – les émissions pourraient être réduites jusqu’à 22 gigatonnes d’équivalent de dioxyde de carbone en 2030. "À elles seules, ces réductions mettraient le monde sur la bonne voie pour atteindre l’objectif des 2° degrés et ouvriraient la possibilité d’atteindre la cible ambitieuse de 1,5°degré", précise le rapport.

L’ONU fait par ailleurs remarquer que les 100 sociétés cotées en Bourse représentent environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ce qui révèle une énorme marge de manœuvre pour aspirer à un niveau d’ambition accru. À condition de faire preuve d’un minimum de volonté…