RIP : les cabines téléphoniques françaises vont disparaître en 2018

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Il n’en restera plus qu’environ 350 à travers tout l’Hexagone d’ici la fin de l’année, contre 300 000 en 1997.

© UFD

Il fut un temps où le minitel était roi, où la VHS était une norme incontestée et où l’on se rendait à la cabine téléphonique la plus proche pour appeler ses amis pendant des heures durant pas trop longtemps parce qu’on avait un nombre de minutes limité sur les cartes prépayées.

Depuis, les choses ont bien changé : Internet a profondément transformé nos quotidiens. L’ordinateur fixe a envahi les foyers à travers le monde, remplacé par la suite par les ordinateurs portables et autres tablettes. Les magnétoscopes ont disparu pour laisser la place aux DVD, puis au Blu-Ray et désormais à la VOD. Les téléphones fixes sont devenus indispensables, de même que les portables qui sont depuis la norme — 94 % des Français de plus de 12 ans ont un téléphone mobile, un smartphone la plupart du temps.

Autant, le minitel et la VHS ont complètement disparu, autant la cabine téléphonique fait de la résistance. Apparue dans les années 1970, elle restait un moyen pour ceux qui n’étaient pas assez équipés ou vivaient dans des zones avec très peu de réseaux de pouvoir passer des coups de fil malgré tout. Certains maires faisaient de la résistance pour contrer un amendement de la loi Macron de 2015 abrogeant l’obligation d’avoir au moins une cabine téléphonique par ville, voire deux mais, c’est terminé. En 2018, la plupart des cabines vont disparaître.

Cabine téléphonique (1883-2018)

Il n’en restera plus que 350 au total, dans des communes où les communications téléphoniques sont compliquées. Il faut dire qu’elles ne servaient plus beaucoup. Les 300 000 machines dont l’on disposait en 1997 ont vite été abandonnées. "En 2016, le trafic des cabines téléphoniques représentait moins de 0,7 % de celui constaté en 2000", selon le ministère de la Cohésion du territoire cité par nos confrères de RFI. Pour faire simple, le temps moyen d’utilisation de ces cabines était d’une minute par machine en 2016 contre plus d’une heure en 1998.

Sans parler de l’entretien de ces dernières qui a un certain coût — on parle de 13,6 millions d’euros pour le maintien de 40 000 cabines téléphoniques, selon ce rapport parlementaire de 2014. Et le fait est qu’elles ne rapportent, sans surprise, plus grand-chose. Le chiffre d’affaires à l’époque du rapport était de 12 millions d’euros, loin des 516 millions de l’année 2000. Conséquence de cela, 91 % des cabines étaient déficitaires en 2012.

Reste à savoir ce que vont devenir les structures. Si nous avons déjà vu naître ici et là des espaces d’échanges de livres dans d’anciennes cabines téléphoniques, la mairie de New York a quant à elle préféré transformer ces espaces en borne wifi où l’on peut recharger aussi son portable. Tout n’est donc pas perdu.