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Le street-artist Monsieur Chat poursuivi par la RATP

Au début du mois d'août, Monsieur Chat avait élu domicile dans la station en rénovation de Châtelet. Un acte qui n'avait visiblement pas plu à la RATP qui s'est empressée de porter plainte contre l'auteur de l'oeuvre. Après une pétition lancée, des élus ont décidé de défendre la cause du street-artist. 

M. Chat, près de la passerelle de Bercy, au pied de la bibliothèque François Mitterrand. (Crédit Image : Jérôme Tostain)

M. Chat, près de la passerelle de Bercy, au pied de la bibliothèque François Mitterrand. (Crédit Image : Jérôme Tostain)

Figure du street-art français, connu pour son matou jaune au sourire narquois qu’il appose sur les murs de la Capitale et de la France entière, Thoma Vuille alias M. Chat connaît depuis quelques semaines des démêlés avec les instances de la RATP. En effet, celles-ci ne voient pas d’un bon œil l’utilisation des murs de la station Châtelet, en cours de rénovation depuis plusieurs mois.

1800 euros d'amende

Alors que les différents félins ne nuisent aucunement aux travaux de rénovation de la station puisqu'ils sont peints sur des mûrs amenés à être recouverts de carrelage, l'artiste doit se rendre devant la 28ème chambre du tribunal correctionnel de Paris le 29 octobre prochain.

Convoqué pour la première fois le 7 août, celui-ci refuse de payer l'amende de 1800 euros, montant des dommages et intérêts réclamés par la RATP. Pour la régie, il s'agit là de pointer du doigt les dépenses qui s'élèvent à hauteur de 20 millions d'euros pour lutter contre le graffiti.

Néanmoins, dans une interview accordée au Monde, Thoma Vuille partage son désarroi face à cette affaire :

Oui, je savais qu'en allant peindre sur les murs de la RATP, je risquais le dépôt de plainte. Pour autant, je ne pensais pas que l'entreprise persisterait et mènerait l'affaire au tribunal. C'est mon boulot de questionner la société, et mon chat est une façon de le faire.

Avant d'ajouter : "Les gens qui disent que mon graffiti est sale ne prennent jamais le métro". Surtout que son animal fétiche, qui orne les murs de Paris depuis le début des années 2000, devrait disparaître lorsque les couloirs seront carrelés et apporte surtout  une note de gaieté dont la grisaille de la station a bien besoin.

M.Chat dans la station Châtelet.

M.Chat dans la station Châtelet. (Crédit Image : Flickr)

"Ce chat donne le sourire !"

C'est donc face à cette incompréhension qu'une pétition avait été mise en ligne début août afin de manifester son soutien à l’artiste. À l'heure d'aujourd'hui, plus de 15 000 signatures ont déjà été récoltées pour réclamer un retrait de plainte :

Nous demandons à la RATP de retirer sa plainte contre Thoma Vuille, alias Monsieur CHAT, pour avoir décoré les couloirs EN TRAVAUX de la station Châtelet... et donner le sourire à des centaines (milliers ?) de passagers.

Un avis partagé par plusieurs élus qui, depuis le début de l'affaire, ont décidé de ne pas donner leur langue au chat en soutenant l'artiste franco-suisse.

Parmi eux, Jérôme Coumet (instigateur du M.U.R et de la Tour Paris 13) et Christophe Girard, respectivement maires socialistes des 13e et 4arrondissements de Paris, et Denis Baupin, député d'Europe Écologie Les Verts (10circonscription de Paris), selon Le Monde. Et depuis le 4 septembre, Serge Grouard, député-maire d'Orléans, qui avait déjà pris sa défense en 2007 :

Thoma est un créateur, un artiste. Je comprends la lutte contre le tag et je suis moi-même très vigilant pour ma ville. Mais il faut faire attention à la systématisation. Dans le cas présent, il n'y a pas d'injures, pas de dégradations. Ce chat donne le sourire !

M. Chat à Châtelet. (Crédit Image : Flickr)

M. Chat à Châtelet. (Crédit Image : Flickr)

Le tribunal devra trancher le 24 octobre prochain. En attendant, on espère que le soutien des élus et le nombre important de signatures de la pétition permettront de faire pencher la balance, pour que Monsieur Chat continue d'égayer les recoins grisâtres de la Capitale et de la France.

Article co-écrit avec Jérôme Tostain.