Selon ce psy américain, subir une rupture amoureuse est aussi violent qu’arrêter la drogue

Plusieurs chercheurs s’accordent sur le fait que la douleur d’une rupture est bien réelle.

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Nous sommes tous d’accord sur un point : une rupture n’est jamais facile. Dans certains cas, elle peut même être une épreuve incroyablement douloureuse et handicapante à traverser, au point de rendre le quotidien difficile. Qui ne s’est pas entendu dire par un proche bien intentionné que, malgré tout, il vaut mieux avoir aimé et avoir vécu une séparation que de ne pas avoir aimé du tout ? Soyons honnêtes, il est difficile d’être aussi philosophe sur le moment.

Le problème, c’est que la détresse émotionnelle que certains d’entre nous ressentent n’est pas sans conséquence sur notre condition physique : stress, fatigue, changement hormonal, manque d’appétit… Dans une tribune publiée par Psychology Today le 7 janvier 2018, le psychologue Guy Winch explique que l’on peut comparer les symptômes d’une rupture à ceux du manque lors de l’arrêt d’une substance addictive :

"Avoir le cœur brisé active les mêmes mécanismes dans le cerveau que ceux mis en place quand des toxicomanes arrêtent de prendre des substances comme de la cocaïne ou des opiacés. Ces symptômes de manque sont puissants et ils altèrent notre capacité à penser, à nous concentrer, et à fonctionner de manière plus globale.

On n’attendrait jamais d’un toxicomane en plein sevrage d’être capable de faire son travail ou de gérer sa vie personnelle parce que l’on comprend qu’ils sont de manière temporaire dans un état anormal. Nous devons commencer à considérer les ruptures de la même manière et à revoir les attentes que nous avons envers nous-mêmes et envers les autres en prenant cela en compte."

Le psychologue affirme également que des études ont révélé que la douleur ressentie lors d’une rupture est aussi réelle et puissante que certaines douleurs physiques aiguës.

Ce n’est pas la première fois qu’un médecin rappelle les conséquences d’une rupture sur notre corps. Interviewée par le magazine américain Women’s Health Magazine, Lucy Brown, professeure en neurobiologie à l’école de médecine Albert-Einstein de New York, explique que si notre cerveau est inondé de dopamine et d’ocytocine (des hormones du plaisir) lorsque nous sommes amoureux, au moment de la rupture en revanche ce sont le cortisol, l’épinéphrine (équivalent de l’adrénaline) et d’autres hormones du stress qui ont tendance à prendre la relève.

Ces hormones, qui nous permettent de réagir dans des situations dangereuses, peuvent alors mettre le corps dans un état de tension inutile, ce qui a notamment pour résultat cette sensation d’avoir le cœur serré. Pour le moment, il est difficile de prévoir si le corps médical tout entier reconnaîtra un jour la rupture comme un incident qui peut nécessiter une véritable prise en charge.

Il reste qu’il est parfois utile de pouvoir rationaliser un phénomène pour mieux le supporter, et qu’il est bon de savoir que les symptômes que certains d’entre nous ressentent ne sont pas imaginaires, ni feints. Et pour les plus motivés à se remettre sur pied, rappelez-vous que vous pouvez désormais utiliser une application ou faire appel à des professionnels pour reprendre les choses en main. Bonne chance !