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Pourquoi les fonds d’écran de WeTransfer sont-ils si beaux ?

Réponse : parce que chez WeTransfer, sept personnes s’évertuent à entretenir un écosystème artistique.

© WeTransfer

Ceux qui ont l’habitude d’envoyer des fichiers volumineux connaissent bien WeTransfer. Un glisser-déposer, l’adresse mail du destinataire et le tour est joué. Peut-être faites-vous partie de ces personnes qui, attendant l’envoi complet du fichier, aiment jeter un œil amoureux sur les fonds d’écran de cette page d’accueil atypique qui se rafraîchit toutes les 45 secondes. Peut-être même vous est-il déjà arrivé de cliquer sur l’un de ces fonds d’écran pour en savoir un peu plus sur l’artiste exposé. Et peut-être avez-vous envie de savoir comment ces artistes ont atterri là.

Collaborations à deux vitesses

La politique du fond d’écran de l’entreprise amstellodamoise est concomitante à sa création, en 2009. Depuis le tout premier jour, 70 % des fonds d’écran de WeTransfer (les 30 % restants sont réservés à la publicité) mettent en avant le travail d’un artiste, qu’il s’agisse d’un photographe, d’un peintre, d’un illustrateur, d’un musicien ou, plus rarement, d’un créateur de mode ou d’un designer.

La collaboration est à deux vitesses : soit WeTransfer expose le travail de jeunes artistes (dans ce cas, la personne n’est pas rémunérée), soit il passe commande à des artistes plutôt connus (dans ce cas, il y a généralement rémunération). Dans ces deux types de collaboration, la mission reste la même : mettre en avant un travail original qui inspirera les utilisateurs de WeTransfer qui, à 75 %, font partie de ceux qu’il est désormais convenu d’appeler les "créatifs".

Collaboration avec l’illustrateur Jasu Hu.

Une vitrine en or

Selon Rob Alderson, rédacteur en chef chez WeTransfer, le travail de chacun des quinze artistes exposés chaque mois sera "vu" entre 10 et 20 millions de fois. Pour les moins renommés, il s’agit d’une publicité gratuite et inespérée qu’ils ne pourront pas refuser : en deux ans, seuls deux rebelles auraient décliné la proposition. Si bien que les sept personnes dédiées à la tâche reçoivent quelques dizaines de demandes par jour.

Mais la plupart du temps, ça se passe dans l’autre sens : comme dans les services secrets, c’est WeTransfer qui prend contact. L’équipe est composée de "curateurs" chargés de scruter le Web et de dénicher les talents. La sélection respecte quelques critères définis en amont : une parité de genre avec 50 % d’hommes et 50 % de femmes ; une parité géographique avec des artistes issus de tous les continents ; et bien sûr, il faut que le travail soit de bonne facture et original.

Rob Alderson, rédacteur en chef chez WeTransfer. (© WeTransfer)

Des mails et une interview

Manon s’est faufilée dans les mailles de ces critères. Jeune photographe installée au Royaume-Uni, elle a découvert, un beau matin, un mail de l’équipe lui proposant d’exposer quatre de ses photos. Résultat : les visites sur son site ont été démultipliées. En temps normal son site web accueille une vingtaine de visiteurs uniques par jour. Son exposition sur WeTransfer a fait grimper ce chiffre à 3 500.

Elle a également reçu de nombreux mails de professionnels proposant divers services ou offres de publication. Mais il convient de tempérer. Ces mails n’ont pour l’instant rien donné "de vraiment concret". Et par mail toujours, l’équipe de WeTransfer l’a ensuite interviewée sur son travail. L’interrogatoire, procédure quasi automatique avec chacun des artistes exposés, donne lieu à une production écrite sur un espace consacré du site :" This Works".

L’espace "This Works" où sont regroupées les interviews. (© WeTransfer)

Des collaborations sur commande

Les choses prennent une tout autre tournure quand WeTransfer collabore avec des artistes établis. Enfilant la casquette "WeTransfer Studios", la start-up d’échange de fichiers se transforme en commanditaire. En août dernier par exemple, l’entreprise néerlandaise commandait à la photographe Nadia Lee Cohen une série de portraits de travailleurs américains. Plus inattendues, des collaborations originales et prestigieuses dans le domaine musical : en juin dernier, Moby sortait un album gratuit, More Fast Songs About the Apocalypse, disponible au téléchargement en exclusivité sur WeTranfer. En juillet dernier, c’est LCD Soundsystem qui s’est affiché sur la plateforme.

Avec ses revenus publicitaires et sa formule premium, WeTransfer, qui emploie une centaine de personnes, est une entreprise rentable. Elle peut donc se permettre la coquetterie de s’adonner au mécénat, ce qui ne lui rapporte pas directement d’argent. Cette activité de mécène prendra d’ailleurs de l’envergure à partir de la mi-décembre. L’espace "This Works" qui, pour le moment, ressemble plutôt à un blog, deviendra un portail à part entière. La mission souhaitée de tout cœur par Rob Alderson se concrétisera un peu plus : être à l’écoute, dans les deux sens, des "communautés créatives".

Collaboration avec LCD Soundsystem. (© WeTransfer)

 

Collaboration avec Nadia Lee Cohen. (© WeTransfer)

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