La Nouvelle-Zélande envisage de créer un visa pour accueillir les réfugiés climatiques

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Le gouvernement néo-zélandais envisage d’ouvrir une nouvelle catégorie de visas destinée aux personnes devant fuir leur pays en raison de la hausse du niveau de la mer.

Une jeune femme traversant la mer, qui a envahi le chemin de sa maison, dans le village d’Eita (atoll de Tarawa, République des Kiribati), en 2015. (© Jonas Gratzer/LightRocket via Getty Images)

Le nouveau gouvernement de la Nouvelle-Zélande, conduit par la Première ministre Jacinda Ardern, étudie la possibilité de créer un visa destiné aux personnes menacées par la montée des eaux dans la région Pacifique. Une idée soumise durant la campagne par le parti écologiste, avec lequel le parti travailliste forme un gouvernement de coalition.

James Shaw, le nouveau ministre du Changement climatique (parti vert), a ainsi indiqué ce mardi 31 octobre au cours d’un entretien à Radio New Zealand, comme rapporté par le Guardian, que la création d’une "catégorie de visa humanitaire expérimental" était en réflexion. Celui-ci serait alors créé en partenariat avec les îles de la région Pacifique, particulièrement menacées par la hausse du niveau des océans.

Une absence de reconnaissance juridique

Cette annonce arrive après que le tribunal d’immigration et de protection de Nouvelle-Zélande a rejeté la demande d’asile de deux familles originaires des îles Tuvalu, qui souhaitaient bénéficier du statut de réfugié climatique. Cet archipel polynésien est en effet en première ligne du changement climatique, puisque la montée des eaux aura entièrement englouti ses neuf atolls d’ici cinquante ans.

Ces familles ont expliqué que la hausse du niveau de la mer posait de véritables problèmes sanitaires et d’hygiène, comme le manque d’accès à l’eau potable, mais aussi en matière d’emplois. Sauf que les conditions d’application des demandes d’asile sont strictes et prennent surtout en compte les menaces de persécution, pierre angulaire de la définition du terme "réfugié" dans la Convention de 1951.

En octobre 2013, Ioane Teitiota, un habitant de Kiribati, un État archipélagique d’Océanie, avait fait la une des journaux du monde entier en devenant le premier homme à réclamer le statut de réfugié climatique en Nouvelle-Zélande. Mais il avait finalement été renvoyé dans son pays… La création de ce nouveau visa pourrait donc en partie pallier ce problème.

Vers 250 millions de réfugiés climatiques en 2050

Pendant la campagne, le parti vert néo-zélandais s’était prononcé en faveur de la création de 100 visas spéciaux pour les réfugiés climatiques. Et plus généralement, de l’élargissement du quota des demandeurs d’asile de toutes sortes de 750 à 4 000 places par an.

Pour rappel, l’ONU estime à 250 millions le nombre de réfugiés climatiques dans le monde en 2050. Ils sont actuellement trois fois plus nombreux que les réfugiés de guerre : plus de la moitié fuit les inondations, viennent ensuite les tempêtes, les séismes, et les températures extrêmes.

Ils sont pour la plupart originaires d’Asie du Sud (Bangladesh, Sri Lanka, Inde, Philippines…), d’Afrique ou des îles du Pacifique, c’est-à-dire des régions particulièrement affectées par le réchauffement climatique. Si le terme de "réfugié climatique" a été mentionné pour la première fois en 1985 par les Nations Unies, il ne bénéficie pas à ce jour de statut défini juridiquement dans le droit international.

Des victimes du changement climatique protestent et demandent justice à l’occasion de la Marche mondiale pour le climat, le 28 novembre 2015, sur l’île de Kutubdia, au Bangladesh. (© Zakir Hossain Chowdhury/Barcro/Barcroft Media via Getty Images)