Une nouvelle espèce d’orang-outan vient d’être découverte en Indonésie

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Des biologistes ont découvert une troisième espèce d’orang-outan sur l’île de Sumatra, en Indonésie. Une première scientifique depuis 1929.

Nous partageons 97 % de notre ADN avec les grands singes comme les orangs-outans. (© Patrick Bouquet/Flickr)

Ce n’est pas tous les jours que l’on apprend une nouvelle aussi rare et excitante. Une nouvelle espèce d’orang-outan, baptisée "Tapanuli" (Pongo tapanuliensis), a été découverte sur l’île de Sumatra en Indonésie, ont annoncé jeudi 2 novembre des scientifiques dont les travaux sont publiés dans la revue américaine Current Biology.

Il s’agit de la première nouvelle espèce de grands singes confirmée par la science depuis la découverte en 1929 d’un nouveau type de bonobo, dans une région se trouvant aujourd’hui en République démocratique du Congo. Cette découverte porte à trois le nombre d’espèces d’orangs-outans connues à ce jour.

En 1997, des chercheurs de l’Université nationale australienne avaient découvert la piste de cette population isolée à Batang Toru, dans la partie nord-ouest de l’île de Sumatra. Les premières spécificités des Tapanuli ont été observées sur le squelette d’un mâle adulte, tué en 2013. Les primatologues ont constaté des différences avec les autres espèces au niveau du crâne et des dents.

"Les orangs-outans de Batang Toru semblent être les descendants directs des premiers orangs-outans qui avaient migré d’Asie continentale et constituent de ce fait la plus ancienne lignée de ces singes", souligne Alexander Nater, de l’université de Zurich.

À peine découverts et déjà en danger

Les Tapanuli seraient environ 800. Ce petit nombre en fait l’une des espèces de grands singes les plus menacées d’extinction sur la planète. Les scientifiques mettent donc en garde contre leur grande vulnérabilité, à l’instar de leurs cousins de Sumatra et de Bornéo. Cette dernière espèce a d’ailleurs été classée l’année dernière "en danger critique" d’extinction par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

"Si seulement huit de ces 800 animaux restant étaient tués ou retiré du groupe chaque année, l’espèce pourrait disparaître en quelques décennies" estiment les chercheurs.

Selon des estimations officielles, les forêts dans lesquelles habitent les orangs-outans ont perdu 60 % de leur superficie entre 1985 et 2007 en raison de l’exploitation forestière, des concessions minières et des plantations agricoles et de la chasse illégale. Et l’habitat forestier des orangs-outans Tapanuli se limite à seulement 1 000 kilomètres carrés…