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Massacrés par la pêche industrielle, les marsouins du Pacifique sont au bord de l’extinction

Entre pêche illégale et filets dérivants, le nombre de marsouins du Pacifique – les plus petits et les plus rares cétacés du monde – a chuté de 90 % en six ans… Avec seulement 30 spécimens encore en vie, ils pourraient disparaître d’ici 2018.

Le marsouin du Pacifique, aussi appelé "vaquita" ("petite vache" en espagnol), est l’une des espèces de cétacés les plus rares et les plus menacées d’extinction au monde. Mammifère discret et méconnu, il évolue dans les eaux chaudes du golfe de Californie (situé à l’ouest du Mexique). Cependant, sa population totale est brutalement passée de 570 individus en 1997 à 30 spécimens actuellement.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), le marsouin du Pacifique fait partie des 100 espèces animales et végétales les plus menacées d’extinction. Celle-ci pourrait survenir en 2018 selon le Fonds mondial pour la nature (WWF), qui insiste sur la gravité de la situation.

Menacés par les filets dérivants

En cause de la disparition prématurée de ces petits cétacés : les filets dérivants (ou abandonnés) dans lesquels ils se retrouvent prisonniers avant de mourir étouffés. Ces filets sont utilisés par des braconniers qui veulent capturer des totoabas – des poissons endémiques de la région dont la vessie se monnaie jusqu’à 20 000 dollars le kilo en Chine, où elle est considérée comme un mets de luxe aux propriétés médicinales. Les deux espèces sont ainsi tristement qualifiées de "cocaïne aquatique".

C’est pour cela qu’en 2015 le président mexicain, Enrique Peña Nieto, avait étendu la zone protégée dans laquelle vivent ces mammifères marins et interdit les filets dérivants sur 13 000 kilomètres carrés pendant deux ans. Une mesure visiblement insuffisante : "Seul un abandon total des filets maillants et des chaluts à mailles fines pourrait sauver ce marsouin à long terme", note le WWF. L’habitat des marsouins du Pacifique est également de plus en plus menacé par la baisse du niveau du fleuve Colorado, causée par la construction de digues et des ponctions toujours plus importantes de son eau pour la consommation. De même, la pêche aux crabes fait diminuer considérablement les ressources alimentaires du marsouin. Enfin, d’autres facteurs – comme la pollution croissante de l’eau (due notamment aux pesticides utilisés dans l’agriculture), ainsi que les risques de consanguinité (en raison des faibles effectifs de l’espèce) – pourraient lui être fatals.

Comme le note 20 Minutes, le gouvernement mexicain a annoncé un plan d’urgence le mois dernier pour placer des marsouins dans un refuge temporaire. Or, selon les spécialistes, l’animal ne supporte pas la captivité : cette mesure de la dernière chance pourrait donc être contre-productive.