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La Nasa teste avec succès un système de détection d’astéroïdes dangereux

Le dispositif de détection d’astéroïdes, qui mobilise une équipe internationale chapeautée par la Nasa, a parfaitement fonctionné. Rassurant.

Image extraite du film Deep Impact. (© Paramount Pictures)

En science plus qu’ailleurs, parer à toute éventualité est une preuve de sagesse, et d’autant plus quand c’est l’avenir de toute la civilisation qui entre en ligne de compte. Depuis 1998 et la sortie en salles du chef-d’œuvre de vulgarisation scientifique qu’est Armageddon, plus personne ne peut faire semblant d’ignorer la menace d’un gigantesque morceau de roche spatiale dérivant à une vitesse formidable depuis l’autre bout de l’Univers pour venir terminer sa course sur Terre, annihilant au passage toute trace de vie. Heureusement, outre Michael Bay et Bruce Willis, la communauté scientifique internationale prend également très au sérieux le risque posé par ces "astéroïdes géocroiseurs", et plusieurs programmes internationaux de détection ont vu le jour depuis le tournant du deuxième millénaire.

Le plus ancien d’entre eux, le programme Spaceguard de la Nasa recense ainsi depuis 1998 tout objet pouvant potentiellement croiser l’orbite terrestre et possédant un diamètre supérieur à un kilomètre, taille à partir de laquelle l’impact pourrait être fatal à toute la planète. Dans son rapport final d’activité paru en 2010, l’agence américaine estimait en avoir découvert près de 87 % (au nombre de 1 200) et recommandait à son gouvernement de mettre immédiatement sur pied des systèmes de défense spatiaux, histoire de ne pas être pris au dépourvu – même si, selon les estimations, un géocroiseur de cette taille frappe la Terre tous les 500 000 ans, en fonction du trafic aux heures de pointe.

L’astéroïde 2 012 TC4 en pleine balade, le 6 août dernier. (© Nasa)

Le 7 juillet dernier, le souhait de l’agence a enfin été exaucé avec le feu vert donné à la mission Dart, qui prévoit de dévier autour de 2022 la trajectoire de l’astéroïde Didymos, à 11 millions de kilomètres de là, en lui balançant une sonde en pleine tronche. Un peu plus rudimentaire que les space cowboys de Michael Bay, mais l’idée est là. Si l’établissement d’un indispensable système de déviation des menaces spatiales est donc en cours, il est également nécessaire de se doter d’un dispositif de surveillance pour anticiper les déplacements de ces géocroiseurs avec toujours plus de précision. Et c’est exactement ce que vient de faire la Nasa, en testant avec succès un système de détection impliquant une équipe de chercheurs basée à différents points du globe.

Passage à 43 000 kilomètres de la Terre

Un premier exercice grandeur nature pour la coopération internationale favorisé par le passage de deux astéroïdes successifs, (3112) Florence et 2 012 TC4, à très faible distance de notre planète, respectivement le 30 août et le 12 octobre derniers. Une occasion idéale pour tester l’International Asteroids Warning Network, un embryon de réseau planétaire de détection d’astéroïdes chapeauté par l’agence américaine. Objectif de la campagne d’observation de 2012 TC4, commencée fin juillet : observer l’astéroïde grâce à des télescopes terrestres et spatiaux et déterminer sa trajectoire, sa rotation, sa taille, sa composition jusqu’à son passage au plus près de la Terre, le 12 octobre, à seulement 43 780 kilomètres de la surface.

Pour y parvenir, raconte le site Futurism, la Nasa s’entoure d’équipes d’astronomes basées au Canada, en Colombie, en Allemagne, en Israël, en Italie, au Japon, aux Pays-Bas, en Russie et en Afrique du Sud. Ceux-ci doivent alors bosser de concert pendant plusieurs mois pour s’échanger les données à mesure que chacun de leurs télescopes s’active. Un travail de communication extrêmement complexe qui, à en croire le communiqué publié par la Nasa le 3 novembre, a parfaitement fonctionné, démontrant la stabilité des réseaux de communication mis en place entre les différents observatoires.

"Nous avons démontré que nous pouvions mettre en place une campagne d’observation à échelle mondiale dans un très court laps de temps, et communiquer les résultats de manière efficace", s’est réjoui Vishnu Reddy, responsable de la campagne d’observation. Pour Michael Kelley, qui dirigeait les programmes d’analyse de l’astéroïde depuis le QG de la Nasa, "nous sommes aujourd’hui beaucoup mieux préparés à la menace d’un astéroïde potentiellement dangereux que nous ne l’étions avant la campagne TC4".

De facto, la majorité des chercheurs interrogés semble presque surprise de l’efficacité des systèmes déjà en place. Si la coopération internationale continue à ce rythme, Bruce Willis et ses potes peuvent ranger les foreuses : la Terre aura peut-être bientôt son système de défense contre les astéroïdes. Quoi qu’il en soit, dormez tranquille : selon un rapport du Near-Earth Object Observation Program de la Nasa paru en 2015, il n’existe tout simplement aucun risque de collision entre la Terre et un astéroïde dans un futur proche. Nous avons le temps de nous préparer.

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