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Matt Damon affirme qu’il ne savait (presque) rien sur l’affaire Weinstein

Mieux vaut tard que jamais. Accusé d’avoir été au courant depuis longtemps des agissements déplorables d’Harvey Weinstein et d’avoir gardé le silence, Matt Damon a profité d’une interview pour nier les faits. Enfin… presque.

En pleine promotion de leur nouveau film, Bienvenue à Suburbicon, Matt Damon et George Clooney ont été contraints de s’exprimer sur l’affaire Weinstein au cours d’une interview commune pour l’émission Good Morning America, diffusée ce lundi 23 octobre sur la chaîne ABC.

L’occasion pour Matt Damon de répondre aux accusations de complaisance (voire de court-circuitage) qui pèsent sur lui depuis quelques jours. Il est revenu sur la personnalité du magnat du cinéma hollywoodien, qui a lancé sa carrière en 1997 en produisant Good Will Hunting :

"Quand les gens disent : "Tout le monde savait"… Oui, enfin, je savais que c’était un enfoiré. Il était fier de ça. C’était comme ça qu’il se présentait. Je savais que c’était un coureur de jupons. Je n’aurais pas voulu être marié avec lui. Après, ce ne sont pas mes affaires. Mais ce niveau de prédation sexuelle et criminelle… Ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu imaginer se produire. Absolument pas."

"J’ai su pour l’histoire de Gwyneth Paltrow"

S’il assure ainsi ne pas avoir pu se douter que le comportement du producteur dépassait à ce point l’entendement, il a cependant nuancé son propos en avouant finalement qu’il était au courant des agissements de ce dernier envers Gwyneth Paltrow, avec laquelle il a joué dans Le Talentueux Mr Ripley en 1999, également produit par Weinstein :

"J’ai su pour l’histoire de Gwyneth [Paltrow] par Ben [Affleck], parce qu’il est sorti avec elle après Brad [Pitt]. Donc je connaissais cette histoire. Je n’en ai jamais parlé à Gwyneth, mais Ben m’a dit qu’ils étaient arrivés à une sorte d’arrangement. Elle a géré la situation. Après ça, c’était la "première dame" de Miramax [société de production de Weinstein, ndlr], et Harvey l’a toujours traitée de manière incroyablement respectueuse."

Il a terminé son intervention par des excuses, dont on vous laissera juger de la légitimité :

"S’il y a eu un événement public auquel j’étais présent avec Harvey, et que ce dernier était en train de faire ce genre de choses […], si une femme a été agressée de quelque manière que ce soit et que je l’ai manqué, alors je suis désolé."

George Clooney appelle à la responsabilisation

George Clooney a également pris la parole, assurant ne pas non plus avoir été au courant de l’affaire avant qu’elle ne défraie la chronique :

"Harvey me parlait de femmes avec qui il avait eu des liaisons. Je ne le croyais pas nécessairement, parce que le croire impliquait d’imaginer le pire venant d’actrices qui étaient mes amies. Je ne pensais pas vraiment qu’elles auraient pu avoir une liaison avec Harvey, pour être honnête. Et assurément, elles n’en ont pas eu."

Il a ensuite fait part de sa colère à l’idée que "ce prédateur était là, dehors, à réduire les femmes au silence" et a poursuivi en abordant le fait que ce problème systémique ne pouvait être résolu dans un premier temps qu’avec une responsabilisation sociétale :

"On doit pouvoir rendre sûrs les canaux de signalisation, pour que les personnes sentent qu’elles peuvent en parler librement. Je pense que cela balaiera ce genre de comportements. Mais plus que tout, il faut que toutes les personnes qui agissent de la sorte reçoivent un avertissement. Leur faire comprendre qu’ils risquent d’être écartés, voire exclus du business, et qu’en plus de ça, ils pourront être poursuivis en justice. […]

Il faut un changement. Tout cela n’aura servi à rien si l’on n’arrive pas à rendre ce genre de pratiques, pour ainsi dire, impossibles. […] Et nous allons tous devoir être responsables de ça."