Marilyn Manson sous le feu des critiques après avoir sorti un flingue factice sur scène

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Une polémique lancée par des gens qui semblent avoir oublié de quoi le roi du horror rock était capable.

Le roi du rock qui fait peur, Marilyn Manson, a déclenché une polémique cette semaine en sortant une arme semi-automatique factice lors de l’un de ses concerts en Californie. Rien de surprenant vous me direz, mais, information importante, le concert se déroulait à San Bernardino, la ville qui fut touchée il y a deux ans par une tuerie ayant coûté la vie à 14 personnes.

On connaît l’esthétique choquante de Marilyn Manson, qu’il aime déployer dans ses clips et ses concerts. Cela fait près de 30 ans que ce "God of Fuck", comme il se surnomme, sillonne les scènes du monde entier et fait les unes des journaux avec ses multiples frasques. Sur scène, en digne héritier d’Alice Cooper, il ne lésine pas sur la provocation : nudité, armes factices, violence simulée, etc.

C’est pour cela qu'il peut paraître un peu surprenant que des gens s’étonnent que le musicien brandisse une arme factice, recyclée en pied de micro, pour qui suit un peu la carrière de Marilyn Manson. Sauf que depuis la tuerie de masse de Las Vegas qui a causé la mort de 59 personnes ainsi que l’attaque d’une église au Texas le 5 novembre, la tension autour des armes à feu est à son comble aux États-Unis.

En réaction à l’émotion suscitée par sa mise en scène, Marilyn Manson a publié un communiqué :

"À une époque où les meurtres de masse sont devenus presque quotidiens, mon spectacle est un moment de théâtre qui cherche à montrer comment la vue d’une arme semi-automatique nous est devenue banale et accessible.

Dans mon travail, j’ai toujours réagi à la culture populaire et j’essaye de faire réfléchir aux choses horribles qui se produisent de par le monde. Mon spectacle ne voulait aucunement manquer de respect ou de sensibilité.

L’arme factice dont je me suis servie sur scène m’a été confiée avec l’accord d’un officier de police. Toute ma compassion va à ceux qui ont été affectés par un usage irresponsable et répréhensible d’armes à feu réelles."

Le débat sur les armes à feu bat son plein aux États-Unis, et le communiqué de Manson nous renvoie bien à une réalité qui le précède et avec laquelle il ne fait que jouer : la fascination des Américains pour les flingues. Rappelons que la moitié des armes à feu à usage personnel dans le monde sont possédées par des Américains. Voilà un véritable sujet de débat, plus profond que les simagrées d’un artiste jouant des peurs de la société.

À lire -> Une infographie du New York Times montre le nombre de fusillades aux États-Unis depuis 2016