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L’ouragan Irma montre le vrai visage du dérèglement climatique

Depuis plusieurs semaines, les éléments se déchaînent et les catastrophes naturelles se multiplient à travers le globe laissant apercevoir le vrai visage d’une planète abandonnée au réchauffement climatique, scénario dans lequel l’homme est le grand perdant.

Ironie du sort ou paranoïa : si l’avènement de l’ère Trump a placé des climatosceptiques sur le devant de la scène mondiale, le climat, lui, semble redoubler d’efforts pour nous apporter son lot de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et violentes. Mousson historique et dévastatrice en Asie du Sud, coulées de boue qui engloutissent des villages entiers en Afrique, feux ravageurs en Europe, en Californie ou au Canada, la tempête Harvey qui inonde le Texas et maintenant Irma - l’ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique - qui engloutit les Caraïbes et menace désormais deux réacteurs nucléaires en Floride.

Avec son lot de morts, de déplacés, de réfugiés, de personnes laissées sans-abri, d’infrastructures détruites, de zones laissées inhabitables et des coûts de reconstruction exorbitants. Selon les chiffres des Nations unies rapportés par Le Monde, rien que la mousson qui a frappé l’Asie fin août (et alors que le monde avait les yeux rivés sur le Texas) aurait affecté 41 millions de personnes, tué près de 1 400, laissé plusieurs centaines de milliers de sans-abri et placé un tiers du Bangladesh sous l’eau.

En seulement quelques semaines, les éléments se déchaînent comme jamais, n’épargnant aucun continent, dans un pied de nez magistral à l’humanité : le dérèglement climatique affectera l’homme de manière exponentielle si celui-ci est incapable de le réguler.

Des explications scientifiques

Si la violence du dérèglement climatique ressemble à la morale d’un conte dans lequel l’homme serait puni pour son inaction, les explications à la multiplication de ces catastrophes naturelles sont bien entendues scientifiques et imputables au réchauffement inexorable de la planète accéléré par l’action de l’homme : "C’est ce qui se passe quand vous ajoutez de la chaleur à un système : il vous la rend sous forme d’inondations, de vent et de feu", résume Bill McKibben, le fondateur du mouvement de lutte contre le changement climatique 350.org au site Le Monde.

De quoi laisser apercevoir de quoi sera fait l’avenir si nous n’agissons pas maintenant pour réguler le climat, réduire nos émissions de gaz à effet de serre, mettre fin à notre dépendance aux énergies fossiles, arrêter de surexploiter les sols et les ressources… Bref en n’infléchissant pas sérieusement nos modes de vie et de consommation, pour nous diriger vers de nouveaux modèles plus raisonnés.

"Après les 10 000 ans qu’a duré l’holocène, nous sommes désormais sur une planète différente. Et la première leçon à tirer de tout cela est de ne pas aller plus loin dans la même direction", poursuit le scientifique. Dans une interview au Figaro, le climatologue français Jean Jouzel tient le même discours en rappelant que : "chaque degré supplémentaire dans les océans donne plus d’énergie aux cyclones". Discours qui rejoint la théorie selon laquelle l’action de l’homme aurait fait entrer la Terre dans une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène, en devenant une force telle qu’il modifie la planète.

Les hommes perdants et inégaux face au déchaînement du climat

Ainsi, ce que nous infligeons à la Terre, celle-ci nous le rend tôt ou tard de plein fouet. Et l’homme est et sera systématiquement perdant. Dans sa campagne de 2014 intitulée "Nature Is Speaking", l’ONG de préservation de l’environnement Conservation International diffusait plusieurs clips avec en voix off de célèbres personnalités américaines. Celles-ci, personnifiant la nature, s’adressaient alors à l’homme, avant de conclure : "La nature n' pas besoin des hommes mais les hommes ont besoin de la nature".

Une campagne pour rappeler que nos actions déterminent notre destin et que la Terre, vieille de 4,5 milliards d’années, est prête pour le changement. Un changement auquel nous ne sommes en revanche pas tous préparés. Car il semble bon de souligner que les hommes sont inégaux entre eux face aux catastrophes qu’ils engendrent.

Les premières victimes étant les personnes les plus vulnérables : les pauvres, certains habitants des zones rurales, les femmes… Comme en temps de guerre, les plus riches trouveront toujours un moyen de fuir et de s’en sortir, laissant les plus précaires face à leur destin. Certains l’ignorent encore mais les réfugiés climatiques sont trois fois plus nombreux que les réfugiés de guerre à l’échelle mondiale. Ainsi, ceux qui peuvent actuellement se payer le luxe de fermer les yeux seront bientôt contraints de les ouvrir : un jour ou l’autre, nous seront tous perdants.