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Un syndicat policier accuse le gouvernement d'attiser la violence entre flics et manifestants

D'après la CGT Police, le sentiment "anti-flics" s'explique par des ordres équivoques donnés par la hiérarchie, afin que les manifestations dégénèrent. 

Manifestation contre les violences policières à Toulouse, en 2014 (© Commons/Pierre Sélim)

Manifestation contre les violences policières, Toulouse, 2014 (© Commons/Pierre Sélim)

Alors qu'Alliance appelle à manifester "contre la haine anti-flics" le 18 mai, un autre syndicat semble comprendre le ressentiment de certains vis-à-vis du képi. C'est un portrait bien triste des policiers dans leur rôle de maintien de l'ordre que dresse Alexandre Langlois, secrétaire général du syndicat CGT Police. Dans une interview édifiante à l'Humanité, qu'on peut également trouver en version pdf sur le site du syndicat, il ne mâche pas ses mots et accuse ceux qui donnent "les ordres" de tout faire pour attiser la violence.

Alors que la police est régulièrement accusée de faire usage d'une brutalité excessive dans le contexte des manifestations contre la loi El Khomri, le syndicaliste est loin de défendre la stratégie de ses supérieurs. Dès le début de l'interview, il lâche que "tout est mis en place pour que les manifestations dégénèrent".

"Et à la fin de la journée, les médias ne parlent que des violences"

Auprès du quotidien de gauche, il pointe du doigt l'immobilisme délibéré vis-à-vis des casseurs, car d'après lui "certains sont identifiés avant qu’ils intègrent les manifestations", or "aucune consigne n’est donnée pour les interpeller en amont". D'après lui, si on laisse les casseurs intégrer les cortèges, c'est pour mieux les laisser gangréner la manifestation et décrédibiliser le mouvement :

"Et à la fin de la journée, les médias ne parlent que des violences, et surtout plus des raisons pour lesquelles les citoyens manifestent".

Il prend l'exemple des débordements qui ont eu lieu le 9 avril en marge de la manifestation à Paris. Selon lui, une compagnie de CRS était prête à stopper un groupe de casseurs au niveau de la Gare du Nord, "mais ordre leur est confirmé de les laisser gagner place de la République, avec les conséquences qu'on connaît", conclut-il amèrement, rappelant que lorsqu'il s'agit d'aller sécuriser l'appartement de Manuel Valls, "les ordres ont été clairs".

"Le message qui est passé, c’est « casseurs venez, vous pourrez agir en toute impunité, et manifestants ne venez plus avec vos enfants, car c’est dangereux pour vous »"

Une police "déshumanisée"

Alexandre Langlois exprime également le sentiment d'un moral très atteint dans les rangs de la police, qu'il juge "déshumanisée", du fait "d'une perte de sens [du métier de policier]". Pour le syndicaliste, le gouvernement se sert des forces de l'ordre comme d'une chair à canon qui excite médias et citoyens, pour qu'ils détournent le regard : "Le pouvoir politique instrumentalise la police, qui sert de bouc émissaire. Cela permet au gouvernement de faire diversion".

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Affreux vilain metalhead incurable, aussi rédac' chef du webzine Hear Me Lucifer.