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Le lieu le plus pollué sur Terre est une île déserte perdue dans le Pacifique

C’est sur l’île d'Henderson, territoire britannique perdu en plein milieu de l’océan Pacifique, que l’on recense la plus grande densité de déchets en plastique du monde. Et pourtant, aucun homme ou presque n’y a jamais mis les pieds.

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© Jennifer Lavers/université de Tasmanie

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de l’île d’Henderson : un atoll d’une superficie de 3 700 hectares complètement perdu dans l’océan Pacifique sud. Peu de gens se sont aventurés sur cette île déserte mentionnée dans des récits de naufragés au début du XIXe siècle et qui reçoit de rares visites de la marine française basée à Tahiti (située à 2 000 kilomètres à vol d’oiseau). Et pourtant, ce spot qui aurait pu inspirer le décor de Robinson Crusoé fait aujourd’hui les gros titres pour une triste raison : elle est recouverte par 18 tonnes de déchets soit, rapporte Europe 1, 671 morceaux de plastiques par mètre carré. Ce qui en fait le lieu sur Terre le plus pollué par rapport à sa superficie. Parallèlement, l’île abrite une cinquantaine d’espèces d’oiseaux, dont quatre sont endémiques. Il ne fait aucun doute que la faune et la flore sont fortement menacées par cette pollution.

L’île Henderson est (vraiment) perdue au milieu du Pacifique (capture d'écran Google Maps)

L’île d’Henderson est (vraiment) perdue au milieu du Pacifique. (capture d’écran Google Maps)

Quand l’homme pollue à distance

Pour Jennifer Lavers et Alexander Bond, les scientifiques de l’université de Tasmanie et de Société royale britannique de protection des oiseaux qui ont exploré les lieux afin de sensibiliser le public, la présence de ces déchets est due aux courants de l’océan Pacifique qui les entraînent vers l’île. Rappelez-vous du "septième continent de plastique", ce vortex d’ordures d’une surface inimaginable de 3,4 millions de kilomètres carrés (soit six fois la France) qui flotte, tourbillonne et dérive en plein milieu du plus grand océan de notre planète. Peuplé de déchets en tous genres résultant de l’activité humaine et de microparticules de plastique dont la concentration a été multipliée par 100 ces 40 dernières années, ce véritable continent flottant affecte durablement les écosystèmes sur son passage.

Il ne fait plus de doute que l’homme contamine durablement des espaces où il n’est jamais allé. Au début de l’année, une étude britannique révélait que les fosses sous-marines les plus profondes connues à ce jour, – les Mariannes et les Kermadec, elles aussi situées dans le Pacifique –, étaient fortement contaminées par des polluants chimiques, à 10 000 mètres de profondeur, dans des zones vierges de toute présence humaine.