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L’évaporation pourrait être une nouvelle source d’énergie renouvelable

L’évaporation naturelle pourrait être une source d’énergie renouvelable au potentiel aussi élevé que le solaire ou l’éolien, selon une étude américaine publiée dans la revue Nature.

( © dbarcus1/Flickr)

Les énergies renouvelables se développent au pas de course et deviennent de plus en plus rentables. Et il semblerait qu’en termes de découvertes et de nouveautés, le secteur ne soit pas en reste. Une étude publiée le mardi 26 septembre dernier dans la revue scientifique Nature suggère que l’eau qui s’évapore naturellement (des étangs, rivières, lacs, mers ou océans) constitue une source d’énergie renouvelable à haut potentiel.

En effet, nous avons tous déjà fait l’expérience de l’évaporation naturelle en observant la brume qui flotte au-dessus d’un lac au petit matin. L’étude conduite par des chercheurs de l’université de New York et de Columbia nous apprend que ce phénomène génère de l’électricité, avec un potentiel aussi fort que l’éolien ou le solaire et qui pourrait donc, théoriquement, se substituer aux énergies fossiles.

Les lacs nord-américains produiraient quasiment autant d’électricité que toutes les centrales à charbon du monde

Pour matérialiser leur découverte, les chercheurs ont eu recours à un système d’éponges nous explique Europe 1. En effet, une éponge grossit lorsqu’elle est mouillée et se rétracte en séchant. En s’inspirant de ce phénomène, ils ont donc mis au point un système de millions de micro-éponges qu’ils ont disposé au-dessus d’un lac et dont ils ont pu récupérer l’électricité, générée par les mouvements de contraction et de rétraction.

Une expérience loin d’être anecdotique puisque l’étude affirme qu’en utilisant de cette manière tous les lacs et tous les réservoirs des États-Unis, nous pourrions dégager 325 gigawatts d’électricité, soit presque l’équivalent de toutes les centrales à charbon du monde.

Mieux : "[Les] résultats montrent que l’énergie potentielle disponible excéderait la demande dans 15 des 47 États des États-Unis, et économiserait plus d’eau potable qu’il en est consommé dans 7 de ces 15 états", affirme l’étude.

À quand des centrales à évaporation ?

Petit bémol : cette découverte se heurte à des aspects pratiques pour pouvoir être pleinement exploitée. En effet, il semble impossible de recouvrir tous les lacs du monde de ce type de système - aussi durable soit-il - pour en récupérer l’énergie. Néanmoins, cette étude prouve qu’une nouvelle technologie durable à fort potentiel existe.

D’ailleurs, l’énergie issue de l’évaporation est déjà partiellement utilisée dans certains pays. Comme l’Inde qui expérimente des centrales solaires construites au-dessus de canaux d’irrigation et dont les panneaux solaires absorbent l’énergie dégagée par l’évaporation, nous apprend Le Nouvel Obs.

En attendant, la recherche continue d’avancer et si les centrales à évaporation n’existent pas encore, ce type d’étude montre qu’il existe toujours de nouvelles alternatives en devenir. L’évaporation pourrait ainsi s’ajouter aux autres énergies renouvelables déjà existantes comme le solaire, l’éolien ou encore l’hydroélectricité pour former un mix énergétique durable. Et venir ainsi former un bouquet de solutions alternatives à l’échelle globale et locale.