26 femmes nigérianes ont été retrouvées mortes au large de l’Italie

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Elles auraient été violées et assassinées pendant leur traversée de la Méditerranée. La justice italienne a ouvert une enquête et arrêté deux suspects.

Un navire espagnol, le Cantabria, a porté secours aux 375 personnes se trouvant sur les mêmes bateaux que les 26 femmes décédées, et les a amenées jusqu’au port italien de Salerne, le 5 novembre. (© Antonio Masiello/Getty Images)

Dimanche 5 novembre, 26 femmes d’origine nigériane ont été retrouvées mortes à la suite des naufrages de deux embarcations, au large des côtes italiennes. Cinquante-trois personnes sont également portées disparues. Les corps des victimes et les survivants ont été conduits jusqu’au port de Salerne par le Cantabria, un bateau espagnol affrété par l’Union européenne dans le cadre de l’opération Sophia, qui lutte contre la traite humaine.

Deux hommes ont été arrêtés en Italie, où une enquête a été ouverte sur la mort de ces 26 Nigérianes, qui auraient été violées et assassinées alors qu’elles tentaient de traverser la Méditerranée. Les plus jeunes d’entre elles avaient 14 ans.

Les suspects sont le Libyen Al Mabrouc Wisam Harar et l’Égyptien Mohamed Ali Al Bouzid, qui étaient apparemment les capitaines des embarcations. Ils ont été identifiés par les survivants et accusés d’avoir organisé le trafic d’au moins 150 personnes sur les 375 passagers des deux embarcations. Pour le moment, la justice n’a pas établi de lien direct entre les deux hommes et la mort de ces femmes, mais les autopsies devraient permettre d’en savoir plus d’ici à la fin de la semaine.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le nombre de Nigérianes se rendant en Italie en bateau a particulièrement augmenté ces dernières années : elles étaient plus de 11 000 en 2016, contre 1 500 en 2004. La branche de l’Organisation des Nations unies souligne que la grande majorité de ces femmes sont victimes de trafics sexuels. L’OIM estime ainsi que 80 % de ces femmes sont victimes de la traite humaine et sont forcées de se prostituer en Italie et dans d’autres pays d’Europe.

À Salerne, le 5 novembre. (© Antonio Masiello/Getty Images)

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet