Le Royaume-Uni souhaite interdire tous les pesticides tueurs d’abeilles

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Le gouvernement britannique soutient l’Europe dans sa volonté d’essayer d’enrayer l’extinction de masse des abeilles.

© Michael S. Williamson/The Washington Post via Getty Images

Le gouvernement britannique a annoncé sa volonté d’interdire tous les pesticides nocifs pour les abeilles. Le ministre de l’Environnement, Michael Gove, s’est déclaré "profondément inquiet" après la publication d’une étude récente montrant que le risque pesant sur les insectes volants en Europe était bien plus élevé que ce qui était estimé jusqu’ici.

Dans une tribune publiée par le Guardian, Michael Gove écrit que le Royaume-Uni compte désormais appuyer la proposition de la Commission européenne d’interdire totalement ces pesticides. "Même s’il reste une part d’incertitude en science, les preuves en ce sens s’accumulent", explique-t-il.

"Ne rien faire nous ferait courir le risque de poursuivre cette course qui a des effets profonds et permanents sur les populations d’abeilles. C’est un risque que je ne suis pas prêt à prendre."

Michael Gove affirme donc que le Royaume-Uni soutiendra les restrictions sur les "néonicotinoïdes", à moins d’un revirement brutal des études, et que cette interdiction restera en vigueur après le Brexit. Il a également rappelé que les abeilles et les autres insectes pollinisateurs "jouaient un rôle critique dans la nature", se référant toujours à l’étude allemande selon laquelle 75 % des insectes volants européens auraient disparu en trente ans.

Le directeur de l’antenne britannique de l’association écologiste Les Amis de la Terre, Craig Bennett, a salué une "victoire importante". Il remercie le ministre d’avoir écouté les experts. "Les preuves scientifiques permettant l’interdiction totale des pesticides tueurs d’abeille sont désormais plus que nombreuses. Il est absolument nécessaire de restreindre sévèrement l’usage des néonicotinoïdes", souligne-t-il.

Craig Benett explique également que si certains agriculteurs ont déjà pris leurs distances avec les produits de ce type, saluant au passage leur initiative, il est important que cette vision soit soutenue au plus haut niveau de l’État :

"Il nous faut désormais nous éloigner de la culture chimique et intensive pour promouvoir et encourager des formes de cultures plus respectueuses de l’environnement."

Le mois dernier, une étude publiée par la revue Science révélait que sur 198 miels du monde entier testés, 75 % contenaient des traces de néonicotinoïdes.

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