L’Australie crée une banque du sperme des coraux pour sauver ses récifs

Les scientifiques australiens ont mis à l’abri des éléments précieux : des millions de types de spermes issus des coraux de la Grande barrière, qu’ils ont congelés avec l’espoir de sauver le récif.

La Grande barrière de corail est le seul organisme vivant visible depuis l’espace. (© Pixabay)

Une équipe de la Société de conservation de Taronga s’est rendue mi-novembre sur l’île Heron, au sud de la Grande barrière de corail (Queensland). Au cours d’une mission de trois semaines, les chercheurs ont ainsi collecté 171 000 millions de spermes différents issus de 31 colonies et huit espèces de coraux durs.

Ces échantillons ont ensuite été congelés au sein de la plus grande banque de sperme de coraux du monde, située au zoo de Dubbo, en Nouvelle-Galles du Sud. Ils pourraient un jour servir à repeupler cet organisme marin fortement menacé par le réchauffement climatique.

"Nous pourrons revenir en arrière et aider à repeupler ces populations [de coraux]. Même si nous n’avons que trois ou quatre coraux, nous aurons une tonne de diversité dans ce sperme. Le sperme congelé […] aura un énorme impact pour revigorer ces populations", explique la biologiste Mary Hagedorn au magazine National Geographic.

Sauver la Grande barrière de corail

Idéalement, les scientifiques souhaiteraient arriver à mettre sous coffre 400 espèces de coraux qui composent les quelque 2 600 kilomètres de la Grande barrière de corail, comme l’explique Mary Hagedorn. Mais cette pionnière dans la technique la congélation du sperme de coraux confie que la mission est loin d’être gagnée.

En premier lieu, parce qu’une grande variété des espèces de coraux de la Grande barrière a déjà péri lors de précédents épisodes de blanchissement. Entre 2016 et 2017, 1 500 kilomètres de récifs sur 2 600 ont en effet été touchés par le blanchissement, avec un dépérissement des coraux allant jusqu’à 95 % dans certaines zones.

"Le problème pour nous, c’est que nous ne pouvons pas former assez de gens ou avancer aussi rapidement [que le dépérissement des coraux]", souligne la chercheuse, rappelant que même avec la meilleure volonté du monde, l’homme est parfois impuissant ou manque de moyens face à la rapidité du réchauffement climatique.