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"Avancer dans la lutte contre le sexisme" : vendredi, tous en jupe dans les lycées !

Quatre syndicats lycéens lancent une vaste opération pour s’attaquer aux inégalités femmes/hommes en encourageant tous les jeunes à mettre une jupe.

(©Marie Labarelle/Flickr/CC)

(©Marie Labarelle/Flickr/CC)

Trois ans après la dernière grande Journée de la jupe organisée en France, un collectif de syndicats lycéens décide de remettre le couvert ce vendredi 19 mai. L’action : exhorter les lycéennes et les lycéens à venir en cours en jupe le temps d’une journée. L’objectif : "Avancer dans la lutte contre le sexisme." L’initiative peut surprendre, mais pour Gabin Lhérault, élève en terminale ES au Mans et délégué national du Syndicat général des lycéens (SGL), elle permettra de déclencher une vaste controverse au niveau national.

"Un garçon qui met une jupe, ça va créer un débat !", explique-t-il avec enthousiasme. Avec trois autres syndicats (l’UNL, l’UNL-SD et FIDL), le SGL compte bien faire de cette journée celle de l’égalité entre les femmes et les hommes. Et ils n’ont pas lésiné sur les moyens : campagne sur les réseaux sociaux, tractage intensif, démarchage dans tous les départements de France. Bref, "la journée de la jupe se prépare activement". Sur les cinq grands syndicats lycéens, seule l’UNI, classée à droite, a refusé de participer au projet. Gabin se marre dès qu’on évoque l’Union nationale inter-universitaire : "Je les ai appelés, ils m’ont raccroché au nez quand je leur ai parlé d’égalité hommes/femmes. On ne compte pas trop sur leur soutien."

Ils peuvent en revanche compter sur celui de nombreuses associations féministes, comme le mouvement Jeunes femmes ou l’association Regards de femmes. En revanche, côté institutions, les soutiens se font du bout des lèvres. "On est soutenus officiellement par le rectorat de Dijon, et officieusement par d’autres rectorats, mais ils ont peur de se mettre en lumière et de faire débat", s’amuse Gabin. L’académie de Nantes, qui s’était pris une tempête de critiques après avoir appuyé officiellement la Journée de la jupe en 2014, a décidé de passer son tour cette année.

Détourner le symbole pour créer un débat national

Mais au fait, c’est pas un peu sexiste d’assimiler systématiquement la jupe à la gent féminine ? "On a eu quelques attaques", admet Gabin, avant d’insister sur l’omniprésence de ce symbole : "Quand on va dans des lieux réservés aux femmes, comme les toilettes de restaurants, la femme est représentée par un personnage portant une jupe." Un "habit traditionnel" et omniprésent que l’inter-orga de syndicats lycéens a décidé de s’approprier le temps d’une journée, "pour une action symbolique, pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes".

La journée de la jupe a donc vocation à déborder du simple cadre des lycées pour sensibiliser la société dans son ensemble sur la question du sexisme. a va montrer que la jeunesse, les futurs citoyens, est intéressée par ces problèmes", s’enthousiasme Gabin, qui compte pas mal sur les médias pour relayer l’opération.

Les quatre syndicats lycéens impliqués dans le projet ont tous en tête l’année 2014. Lancée en plein pic de la Manif' pour tous, l’opération "Ce que soulève la journée de la jupe" s’était à l’époque pris une vague d’attaques débridées de la part de directions de lycées réactionnaires, de manifestants tradis et d’internautes passés en mode fake news. L’académie de Nantes, qui soutenait officiellement le projet, s’était ainsi vue accusée de forcer les élèves à porter la jupe le temps d’une journée. Bref, du grand n’importe quoi qui fait aujourd’hui sourire Gabin : a avait fait débat". Ça tombe bien, c’était justement l’objectif.

@http://www.journeedelajupe.fr/le-petit-kit-de-la-journ%C3%A9e-de-la-jupe/

Mettre une jupe, un acte militant

L’événement Facebook compte près de 400 participants, et a notamment reçu le soutien de la rectrice de l’académie de Dijon, Frédérique Alexandre-Bailly, qui a selon Le Monde incité les chefs d’établissement "à accompagner les élèves dans leur démarche". Tout un symbole, notamment après les contrôles stricts subis par des lycéennes de Valence, qui avaient été révélés en mars dernier : ces filles avaient dénoncé la façon dont la direction de leur établissement mesurait la longueur de leur jupe à leur arrivée au lycée, leur en interdisant l’entrée si leur tenue était jugée indécente.

Libération rapporte que l’idée d’une Journée de la jupe remonte à 2006 : elle est née dans un lycée technologique près de Rennes à la suite aux remarques désobligeantes subies par des élèves. Cette proposition a ensuite été reprise par des associations comme Ni putes ni soumises, qui déclarait :

"Mettre une jupe c’est un acte militant, dans le quotidien, sur le lieu de travail, dans la rue, chez soi, car aujourd’hui tous ces espaces sont des espaces de danger pour les femmes."